Par Frédéric Hubert (Professeur agrégé « Foresterie, géographie et géomatique - Départ. des sciences géomatiques, Université Laval)
L’environnement sonore est principalement étudié sous l’angle du bruit, au détriment du paysage sonore. La géomatique y a une place particulière pour la production de données géospatiales, alimentant les méthodes de modélisation de l’environnement sonore, et aussi pour la restitution et diffusion de cartes. Quelques travaux et réflexions effectués ces dernières années dans la province de Québec seront présentés pour illustrer les liens entre géomatique et environnement sonore.
Anne Sourdril et Luc Barbaro sont co-auteurs d'un article alliant écologie acoustique et anthropologie paru dans la revue la revue Musiques : Recherches interdisciplinaires rattachée à l’Université Laval (Québec, Canada). Dans le cadre de cet article, les auteurs reviennent sur un programme de recherche pluridisciplinaire intitulé Sonates (Ecouter les SONs de la NATurE pour comprendre les changements environnementaux – financé par le LabEx DynamiTe 2018-2022) qu'ils ont réalisé sur le site d'études à long terme Vallées et Coteaux de Gascogne du Bas-Comminges, labellisée en laboratoire vivant Gascogne et Zone Atelier PyGar.
Sourdril, A; Barbaro. L. (2026) Des phonies aux environnements sonores : comment s’entendre entre sciences de la vie et sciences humaines pour aborder les changements des territoires par le son? . Musiques : Recherches interdisciplinaires 3 (1). https://doi.org/10.62410/7wmxea76

Dans les campagnes françaises, la succession des printemps silencieux associée à l’érosion de la biodiversité rurale a fait apparaître les questions sonores comme une approche essentielle permettant aux chercheurs (en sciences de la vie et des territoires) de caractériser l’état des paysages et des écosystèmes dans un contexte de changements globaux. L’anthropologue, elle, peut montrer comment les communautés locales perçoivent leurs territoires à travers leurs ambiances sonores immédiates, alors même que de fortes mutations touchent à la fois leurs sociétés et leur environnement. Dans le cadre de cet article, nous souhaitons revenir sur un programme de recherche pluridisciplinaire intitulé Sonates (Ecouter les SONs de la NATurE pour comprendre les changements environnementaux – financé par le LabEx DynamiTe 2018-2022). Ce projet fait collaborer anthropologie, géographie,
écologie et écoacoustique et a été mené dans une Zone Atelier du CNRS au sud de Toulouse (ZA Pygar) dans le Bas-
Comminges, terrain d’étude de notre équipe depuis plus de 20 ans. Au travers d’investigations sur nos terrains mêlant enregistrements acoustiques et ethnographie sensorielle (observations participantes, entretiens semi-directifs ou balades commentées), nous cherchons à comprendre comment l’environnement est entendu par les communautés locales et comment les sons contribuent à la construction des diagnostics locaux de changements de l’environnement immédiat. Nous explorons la coexistence, sur un même territoire, de différents types de connaissances écologiques (locaux, experts, scientifiques…) et donc de potentielles variations au sein des perceptions des sons. Cet article sera pour nous l’occasion de revenir sur des questions de partage ou de décalage entre les définitions des sons pour les différents chercheurs du projet (qu’est-ce que l’anthrophonie, par exemple, et est-elle un constituant des paysages sonores ou une pollution à supprimer des enregistrements?), les enjeux méthodologiques et conceptuels que cela pose et qui nous permettent d’avancer sur la conception mutuelle que nous avons des sons.
L’UMR Dynafor recrute un doctorant ou une doctorante en télédétection/géomatique.La thèse vise à développer une méthodologie et des outils opérationnels pour évaluer la qualité écologique des haies, cruciales dans les paysages agricoles pour leur biodiversité et leurs services écosystémiques. Elle s'appuie sur des données de télédétection, combinant LiDAR HD et images satellites, pour identifier des descripteurs clés de la structure, du fonctionnement et de la composition spécifique des haies. Ces descripteurs seront utilisés pour prédire le potentiel écologique des haies d’une part en s'inspirant du Plan de Gestion Durable des Haies (PGDH) et seront utilisés pour prédire la diversité taxonomique (faune, flore) d’autre part. Les résultats attendus incluent une méthodologie pour mettre en oeuvre cette évaluation, ainsi que des spécifications sur son domaine de validité. Enfin, des cartes prédisant la qualité écologique des haies sur différents territoires seront produites. Cette approche contribuera à combler le manque actuel de solutions pour évaluer la qualité des haies à large échelle, permettant ainsi de mieux comprendre leur rôle comme support de la biodiversité, et d'orienter les politiques publiques en conséquence.

Profil et compétences recherchées : Un master 2, un diplôme d’ingénieur ou une expérience significative en télédétection ou science des données est requis. Une double compétence en écologie / agronomie serait très appréciée. Le ou la candidate doit avoir une expérience dans le traitement d’au moins une de ces données : LiDAR et série temporelle d’images satellitaires. Des compétences en lien avec les acquisitions drone serait un plus. Le ou la candidate maîtrisera au moins un de ces langages de programmations : R et Python (de préférence), idéalement les deux.
Candidature :
Un CV, une lettre de motivation, le contact des derniers encadrants de stage M2 ainsi que les relevés de notes du M1 et M2 doivent être adressés à Marc Lang et David Sheeren (marc.lang[at]toulouse-inp.fr et david.sheeren[at]toulouse-inp.fr) d’ici le 05 juillet 2026. Des entretiens seront prévus au fur et à mesure de la réception des dossiers.
Pour en savoir plus:



















