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Laurent Larrieu est co-auteur d'un court article de vulgarisation paru dans les Echos d’Ecofor où est décrit une petite présentation d’un indice en fin de construction, l’Indice d’Anthropisation à Effets Potentiels (IAP), sur le modèle de construction de l'indice de biodiversité Potentielle (IBP)


Py-Saragaglia V., Burri S., Emberger C., Gouix N., Larrieu L., Maillé S., Migeot J., Paquereau M., Saulnier M. (2026). Intégrer les héritages des pratiques et de la gestion sur le temps long dans l’évaluation des peuplements forestiers : l’indice d’anthropisation à effets potentiels (IAP). Les Échos d’Ecofor n° 69, 2 pages. https://shs.hal.science/halshs-05605018v1

Résumé:

Le constat: Les peuplements forestiers actuels sont hérités d’une histoire longue et complexe, étroitement liée aux activités humaines. Depuis la reconquête forestière post-glaciaire (~11 700 BP), les forêts ont été profondément transformées sous l’effet de dynamiques socio-économiques, se traduisant par des systèmes de gestion, des techniques et des pratiques sociales, notamment cynégétiques. Il n’existe (pratiquement) aucun espace forestier tempéré exempt de ces héritages ; en tous cas, nous n’avons jamais trouvé de forêt considérée (et souvent classée) comme « primaire » exempte de preuve d’activités humaines pouvant influencer significativement sa dynamique et sa composition dendrologique.


L’idée originale: Plutôt qu’essayer de définir en vain un état de référence d’une forêt naturelle, nous trouvons plus aisé, et plus objectif, de lister les pratiques anthropiques passées et actuelles et tenter d’évaluer leur effet sur les forêts actuelles. Du coup, à la place d’un Indice de Naturalité (il en existe déjà quelques-uns, e.g. Rossi et al. 2013 pour la forêt), nous avons développé un indice d’anthropisation.


L’IAP: Cet indice repose sur l’observation de terrain d’indicateurs (jusqu’à 76) répartis en quatre facteurs : (A) exploitation et usages récents (XIX -XXI siècles), (B) pratiques agro-sylvo-pastorales et sylvicoles, incluant les arbres culturellement modifiés et la chasse, (C) activités extractives et productives (de ~4000 BP au XX siècle), et (D) aménagements et autres usages (agriculture, infrastructures). Chaque indicateur est pondéré selon son intensité et sa portée spatio-temporelle. Il est actuellement testé dans le cadre de l’inventaire des vieilles forêts d’Occitanie (phase 4). Utilisable seul ou en complément de l’Indice de Biodiversité Potentielle (IBP), qui évalue le potentiel d’accueil de la biodiversité, l’IAP apporte une lecture des trajectoires historiques structurant ce potentiel. Il constitue ainsi un premier niveau d’analyse, pouvant être approfondi par des approches d’écologie historique. En intégrant les héritages socio-écologiques dans l’évaluation des peuplements, l’IAP contribue à renouveler la gestion forestière en reconnectant dynamiques écologiques et trajectoires historiques, dans un contexte de changement climatique.

Plusieurs dynaforien.ne.s (merci à eux!) se sont mobilisés du 15 au 26 juin 2026 pour accueillir dans l'unité plusieurs stagiaires de seconde dans le cadre de leur stage d'observation en milieu professionnel. C'est le cas en particulier d'Olivia, Eméo et Thomas qui ont passé la majorité de leur stage à Dynafor. Ils ont pu découvrir des métiers de la Recherche et de l'Enseignement, discuter avec les uns et les autres. Cette immersion, désormais intégrée au parcours des lycéens de seconde, est une occasion précieuse de leur faire découvrir concrètement le monde professionnel ici, au cœur de la recherche publique et de l'enseignement supérieur.

Cécile Barnaud est co-autrice de 2 livrets publiés dans le cadre du projet Powerbiodiv (2021-2025). Ce projet vise à comprendre les dynamiques de pouvoir qui régissent la participation des parties prenantes afin de favoriser une conservation efficace et équitable de la biodiversité. Financé par le CESAB (Centre de synthèse et d’analyse de la biodiversité), un programme phare de la FRB (Fondation pour la recherche sur la biodiversité), il a réuni un groupe international de scientifiques et de praticiens travaillant sur ou avec des approches participatives dans le domaine de la conservation de la biodiversité.

  1. Le premier livret rassemble une série d'études de cas concrets, qui explorent chacune la manière dont les processus participatifs se déroulent dans le domaine de la conservation — et comment les rapports de pouvoir s'y imbriquent à chaque étape.

  2. le deuxième livret n’est ni un manuel, ni un guide proposant des solutions toutes faites. Il s’agit d’une invitation à prendre le temps de réfléchir, à porter un regard différent sur le pouvoir et à prêter attention à la manière dont celui-ci façonne la participation, les connaissances et les résultats des actions de conservation.



1) Lecuyer, L., Young, J., Butler, J., Barnaud, C., Balian, E., Butler, G., CALLA, S., Locatelli, B., Pettit, J., Pound, D., Salvatori, V., & von Korff, Y. (2025). Staying in the Room: Stories of Power and Participation in Conservation. CESAB – Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) https://doi.org/10.5281/zenodo.17911560


Abstract:

This booklet brings together a set of real-world case studies, each exploring how participatory processes unfold in conservation settings — and how power is entangled in every step. Written by those directly involved in or observing these processes, these stories come from landscapes as varied as the Andes, the Pyrenees, the Scottish moors, and the forests of Mexico. They describe efforts to bring together communities, governments, scientists, and civil society actors to co-create responses to complex environmental challenges. But more than technical achievements or policy innovations, these stories highlight the relational, emotional, and political dimensions of participation. They show that trust takes time. That silence and absence can be forms of power. That listening well matters. And that small shifts — a new question, a reframed agenda, a handwritten agreement — can carry the seeds of transformative change. These narratives were written in the context of the PowerBiodiv project, an initiative aimed at exploring how participatory biodiversity governance can be made more just and inclusive by attending explicitly to power. If you wish to learn more about the power framework and its different dimensions (see next page), we invite you to consult the accompanying "Tool for Though" developed as part of the same project. We hope these stories invite you not only to reflect, but to stay in the room — and keep working toward more power aware and grounded forms of conservation.


Résumé :

Ce livret rassemble une série d'études de cas concrets, qui explorent chacune la manière dont les processus participatifs se déroulent dans le domaine de la conservation — et comment les rapports de pouvoir s'y imbriquent à chaque étape. Rédigés par des personnes directement impliquées dans ces processus ou les ayant observés, ces récits proviennent de paysages aussi variés que les Andes, les Pyrénées, les landes écossaises et les forêts du Mexique. Elles décrivent les efforts déployés pour rassembler les communautés, les pouvoirs publics, les scientifiques et les acteurs de la société civile afin d’élaborer ensemble des réponses aux défis environnementaux complexes. Mais au-delà des avancées techniques ou des innovations politiques, ces récits mettent en lumière les dimensions relationnelles, émotionnelles et politiques de la participation. Ils montrent que la confiance se construit avec le temps. Et que le silence et l’absence peuvent être des formes de pouvoir. Qu’il est important de bien écouter. Et que de petits changements — une nouvelle question, un ordre du jour reformulé, un accord rédigé à la main — peuvent être à l’origine d’une transformation profonde. Ces récits ont été rédigés dans le cadre du projet PowerBiodiv, une initiative visant à explorer comment la gouvernance participative de la biodiversité peut être rendue plus juste et plus inclusive en accordant une attention particulière aux rapports de pouvoir. Si vous souhaitez en savoir plus sur le cadre conceptuel du pouvoir et ses différentes dimensions (voir page suivante), nous vous invitons à consulter l’« outil de réflexion » joint, élaboré dans le cadre du même projet. Nous espérons que ces récits vous inciteront non seulement à réfléchir, mais aussi à rester engagés — et à continuer à œuvrer en faveur de formes de conservation plus conscientes des dynamiques de pouvoir et plus ancrées dans la réalité.


2) Lecuyer, L., Young, J., Butler, J., Barnaud, C., Balian, E., Butler, G., Calla, S., Locatelli, B., Pettit, J., Pound, D., Salvatori, V., & von Korff, Y. (2025). Navigating Power in Participatory Process for Biodiversity Conservation: A Tool for Thought. CESAB – Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) https://doi.org/10.5281/zenodo.17911692


Abstract:

Participatory approaches are increasingly used in biodiversity conservation to build trust, reduce conflict, and create more lasting decisions. By bringing together diverse voices (local communities, scientists, policymakers, NGOs) they aim to shape strategies that protect both people and nature. But more participation does not automatically mean better outcomes. Power matters. When power dynamics are overlooked, participation can become superficial, reinforcing old inequalities and even deepening tensions. Power shapes who is heard, whose knowledge counts, and who is left outside decision-making. If we don’t name and reflect on these dynamics, we risk failing the very goals of fairness and impact that participatory processes aim for. This Tool for Thought invites conservation practitioners, researchers, and facilitators to reflect more consciously on how power operates in participatory settings and how we might respond with greater care and imagination. It introduces a shared vocabulary to talk about power clearly and constructively. It proposes key concepts, and reflective questions to help make powermore visible, more easy to talk about openly, and more actionable. This resource is for anyone who works, or aspires to work, at the intersection between biodiversity, participation, and social change.It speaks to: Conservation practitioners managing biodiversity and natural resources in collaboration with communities Researchers exploring biodiversity, social-ecological systems, and participatory approaches Facilitators designing and leading participatory processes across diverse settings But it also offers insights to those shaping the conditions for participation: Policy makers who commission participatory processes and seek to design them more inclusively Advocacy leaders, project designers, and funders thinking about how power affects whose voices are heard and whose knowledge is valued Institutional actors committed to shifting practices toward more equity, justice, and shared stewardship. Rather than offering strict categories, this Tool for Thought invites a moreluid perspective: wherever you sit on the ground, in research, at policy levels, or inbetween, you are part of shaping how power flows through conservation efforts.


Résumé:

Ce document n’est ni un manuel, ni un guide proposant des solutions toutes faites. Il s’agit d’une invitation à prendre le temps de réfléchir, à porter un regard différent sur le pouvoir et à prêter attention à la manière dont celui-ci façonne la participation, les connaissances et les résultats des actions de conservation. Fruit du travail collectif de chercheurs, d’animateurs et de praticiens impliqués dans le projet PowerBiodiv, cet outil s’appuie sur des connaissances scientifiques pour ouvrir la voie à une réflexion plus approfondie, à un apprentissage partagé et à des pratiques plus conscientes. Il ne propose pas une méthode ou une voie unique. Il offre plutôt un cadre favorisant la réflexion, une série de questions destinées à stimuler la curiosité et la prise de conscience, ainsi qu’une série d’histoires illustrant comment gérer le pouvoir dans des situations concrètes. Pour des récits plus complets, axés sur des histoires, consultez le livret narratif qui accompagne ce document et qui approfondit chaque cas en y ajoutant du contexte, des témoignages et des enseignements tirés. Si vous travaillez dans le domaine de la conservation de la biodiversité en recourant à des processus participatifs, ou dans tout autre domaine où se croisent les personnes, le pouvoir et la nature, cet outil est fait pour vous.

 


Pour en savoir plus sur Powerbiodiv: Lécuyer, L., E. Balian, J. R. A. Butler,  C. Barnaud, S. Calla, B. Locatelli, J. Newig, J. Pettit, D. Pound, F. Quétier, V. Salvatori, Y. Von Korff, J. C. Young « The Importance of Understanding the Multiple Dimensions of Power in Stakeholder Participation for Effective Biodiversity Conservation ». People and Nature n/a, no n/a (2024). https://doi.org/10.1002/pan3.10672.


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