Zoe Pujol et Diane Esquerré ont participé aux Rencontres des praticien.nes des sciences et recherches participatives et de la médiation scientifique à INRAE qui se sont déroulées du 21 au 23 septembre à Orléans. Cet évènement fut l'occasion de rencontrer de nombreuses personnes et de nombreux projets au gré des différents stands du "marché des connaissances". Depuis l'accueil en résidence d'un conteur dans l'UMR G-Eau jusqu'à l'expérience "territoires de co-innovation" autour de l'adaptation de l'agriculture conventionnelle en mélangeant expérience de terrain et R&D, nous avons pu voir l'immense diversité et créativité de ces projets qui, malgré leurs différences, ont tous en commun de vouloir créer des ponts entre la recherche académique et les publics qui se retrouvent au cœur des projets.
Au sein du "marché des connaissances", Diane a présenté, sous forme de poster, le guide développé dans le cadre du projet COTERRA : Lutter contre l’érosion des sols : une méthodologie co-construite intégrant modélisation et concertation à l’échelle d’un bassin versant.

Ce fut l'occasion d'aborder la question de la pérennisation des outils issus des recherches actions participatives au sein même des territoires où ils ont été produits. Les divers passages au stand s'articulaient entre retours d'expérience et prises de recul sur la méthode et le contexte local.
Esquerré, D.; Boussard, H.; Vialatte, A.; Ladet, S.; Mouille, C.; Clément. F (2026) Modéliser, débattre & agir : une démarche territoriale pour lutter contre l’érosion des sols. Rencontres des praticien.nes des sciences et recherches participatives et de la médiation scientifique, 21 - 23 septembre, Orléans, France (poster)
Résumé:
La concertation territoriale est nécessaire pour tenter de résoudre des problèmes complexes comme l’érosion des sols. Nous proposons une méthode d’accompagnement décrite dans un guide qui associe modélisation et concertation territoriale à l’échelle d’un bassin versant. Elle permet de réaliser un diagnostic, de scénariser des futurs possibles et de mettre en dialogue les parties prenantes.
Pour la suite une question se pose : qui sur les territoires est en mesure d’animer cette concertation ?
La question de l’érosion des sols est criante en France. Elle est la conséquence de multiples phénomènes liés à l’industrialisation de l’agriculture et a des retentissements larges environnementales, sociales et économiques et sur de nombreux acteurs. Ce problème profond ou ‘weeked problem’ ne peut être solutionné par une approche simpliste mais nécessite une approche collective. Nous proposons une méthode d’accompagnement décrite dans un guide qui associe modélisation et concertation territoriale à l’échelle d’un bassin versant. Elle permet de faire un diagnostic des zones d’érosion et de scénariser des futurs possibles.
Au fond qui sur les territoires est en mesure de faire de l’intermédiation ?
David Sheeren, Emilie Andrieu, Gabriel Marquès, Marc Deconchat, Marc Lang ont tous contribué à plusieurs chapitres de l'ouvrage "Multifonctionnalité des haies: Enjeux environnementaux, agricoles, juridiques et méthodologiques" paru aux éditions Quae. Cet ouvrage coordonné par nos collègues de l'UMR BAGAP, Audrey Alignier et Stéphanie Aviron est publié en version numérique gratuite et en version papier payante.

Voilà le sommaire complet de l'ouvrage:
Préface - M. Deconchat
Préface - B. Augeard
Introduction - A. Alignier, S. Aviron
I. La biodiversité et les multiples services soutenus par les haies dans les paysages agricoles
1. Les haies, des espaces de biodiversité - P.-A. Précigout, A. Alignier, É. Andrieu, S. Aviron, A. Boissinot, G. Decocq, J.Lenoir, O. Lourdais, F. Matutini, B. Ricci, J. Rivers-Moore, C. Robert
2. Les services écosystémiques rendus par les haies en milieu agricole - A. Gardarin, V. Viaud, A. Alignier, S. Aviron, S. Bunel, F. Matutini, C. Moret, B. Ricci, C. Robert, D. Rolland, V. Verret, P.-A. Précigout
II. Gestion des haies en faveur de la biodiversité et de la multifonctionnalité du paysage
3. Évolutions des sociétés locales, modèles techniques et pratiques autour de la haie T. Preux, C. Thenail, P. Blondeau
4. Facteurs incitatifs ou limitants pour des systèmes agricoles durables favorables à la multifonctionnalité des haies - C. Thenail, P. Blondeau
5. La haie à la rencontre du droit A. Langlais, F. Romagoux, M. Combe, L. Lemoine
III. Caractériser les haies et leur multifonctionnalité à différentes échelles
6. Le suivi quantitatif et qualitatif des haies et des réseaux de haies S. Bunel, A. Pernet, L. Commagnac, C. Moret, D. Rolland, S. Morin
7. Évaluer les propriétés des haies par l’analyse d’images et l’analyse spatiale - D. Sheeren, D. Delahaye, M. Guillemois, G. Marquès, S. Morin, R. Reulier
8. Spatialiser les fonctions écologiques soutenues par les haies - É. Andrieu, J. Baudry, H. Boussard, A. Colin, L. Commagnac, M. Dassot, D. Delahaye, J. C. Foltête, A. Glad, M. Guillemois, M. Lang, F. Letouzé, R. Reulier, Y. Sahraoui, D. Sheeren
Conclusion - S. Aviron, A. Alignier
Résumé:
Au sein des territoires ruraux, les haies ont une pluralité de fonctions : séparation physique, élément productif, support de biodiversité, levier de planification, etc. Elles répondent à des attentes sociétales qui ne cessent d’évoluer. Au croisement de ces multiples attentes et usages de la part des divers acteurs des territoires, elles s’inscrivent dans un commun qu’il s’agit de préserver, voire de restaurer et de développer, au regard des enjeux liés au dérèglement climatique, à l’érosion de la biodiversité ou à la durabilité de l’agriculture.
Cependant, les haies sont-elles réellement supports de multifonctionnalité ? À quelles conditions s’exprime-t-elle ? Comment favoriser le déploiement de pratiques de gestion favorables à cette multifonctionnalité, à l’échelle de l’exploitation et du territoire ? Dans quelle mesure les outils réglementaires et les mesures incitatives actuels peuvent-ils contribuer à soutenir la protection, la restauration ou la replantation de haies ? Enfin, comment suivre l’état des haies et de leurs multiples fonctions à différentes échelles ?
Cet ouvrage interdisciplinaire dresse un état des lieux des connaissances scientifiques et reflète la diversité des avancées, tant conceptuelles que méthodologiques, qui émergent concernant les haies et la multifonctionnalité qu’elles peuvent soutenir à différentes échelles. Il s’adresse aux scientifiques et aux ingénieurs, ainsi qu’à l’enseignement supérieur et agricole.
Clélia Sirami et Romain Carrié sont co-auteurs d'un article publié dans la revue Agronomie, Environnement & Sociétés porté, entre autres, par nos collègues voisins de l'unité ODR (Observatoire du Développement Rural) sur une analyse des données du Registre Parcellaire Graphique (RPG) constituant une source inédite pour quantifier différentes composantes de la diversité cultivée et leurs évolutions, à différentes échelles de temps et d’espace : parcelles, assolements, territoires.
Dedieu, M. S., Cantelaube, P., Poméon, T., Bockstaller, C., Piet, L., Dallaporta, B., Carrié, R. & Sirami, C. (2026). Quantifier la diversité cultivée et son évolution à partir du registre parcellaire graphique depuis 2015. Agronomie, Environnement & Sociétés, 2026, 16 (1), 25 p. https://hal.science/hal-05426549/

Abstract:
Data from the Land Parcel Identification System (LPIS) provide a unique dataset for quantifying multiple dimensions of cultivated diversity and their dynamics across different spatial and temporal scales: parcels, farms, and territories. Here, these data are used to analyse changes since 2015 in parcel size and shape, farm-level crop diversity index, and crop diversity index at the municipal scale. Regarding spatial configuration, mean parcel size has remained stable at approximately 2.8 hectares since 2015. Although a recent slight increase in crop diversity at the farm level and in certain territories, substantial heterogeneity persists across farm types and production orientations. Crop rotation diversity remains consistently higher in organic farming systems. The additional payment introduced under the 2023–2027 Common Agricultural Policy eco-scheme does not appear to be either highly selective or strongly incentivising, with 81% of farms theoretically eligible in 2023.
Résumé:
Les données du Registre Parcellaire Graphique constituent une source inédite pour quantifier différentes composantes de la diversité cultivée et leurs évolutions, à différentes échelles de temps et d’espace : parcelles, assolements, territoires. Ces données sont ici mobilisées pour analyser, depuis 2015, l’évolution de la taille et la forme des parcelles, de l’indice de diversité des cultures des assolements des exploitations, et de l’indice de diversité des cultures à échelle des communes. En matière de configuration des surfaces cultivées, la taille moyenne des parcelles reste stable, autour de 2.8 hectares. Si on note une récente légère inflexion à la hausse de la diversité des assolements et de la diversité cultivée dans certains territoires, les situations sont très contrastées selon les orientations des exploitations. Le niveau de diversification des assolements reste par ailleurs supérieur en Agriculture Biologique. Avec 81 % des exploitations pouvant théoriquement y prétendre en 2023, le paiement additionnel mis en œuvre dans le cadre de l’écorégime de la PAC 2023-2027 ne paraît ni sélectif ni très incitatif.


















