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Lisa Darmet est co-autrice d'un nouvel article qui analyse comment les acteurs politiques perçoivent et définissent les enjeux de justice dans les débats autour de la politique publique Européenne LULUCF (Land Use, Land Use Change, and Forestry). Il est paru dans la revue Forest Policy and Economics.

Di Marzo, D. ; de Boon, A. ; Leino, J. ; Darmet, L. (2026) A race to net zero: Framings and perceptions of (in)justice in the political discourse related to the EU'S Land Use, Land Use Change and Forestry Regulation, Forest Policy and Economics, Vol. 185, 103748, ISSN 1389-9341, https://doi.org/10.1016/j.forpol.2026.103748

Abstract:

The integration of climate targets into EU forest governance is politically contentious, with policy actors pursuing conflicting objectives through justice-based claims of victimisation and marginalisation, often resulting in intractable conflicts. This paper examines how justice is framed and perceived by policy actors in political debates concerning the EU's Land Use, Land Use Change, and Forestry (LULUCF) Regulation. We answer three research questions: a) what just transition frames are employed by policy actors within the LULUCF discourse, b) who uses these frames, and c) how these frames relate to the official EU LULUCF policy framing. To address these questions, we analyse 101 stakeholder submissions from the EU's Have Your Say initiative and key EU LULUCF policy documents. Integrating frame analysis with environmental justice and political ecology theories, we identify five distinct just transition frames: Forestry first, Forests for climate, EU transition policy pragmatism, Biodiversity and climate first, and Addressing the periphery. Findings reveal significant structural power asymmetries, with economically dominant, industry-aligned frames being privileged in official policy texts. Conversely, ecological concerns, regional interests concerning Europe's periphery, and specific forms of practitioner knowledge remain marginalised or excluded. Such underrepresentation intensifies regional inequalities, ecological vulnerabilities, and socio-economic marginalisation. Across all identified frames, policy actors consistently highlight perceived procedural injustices, including limited transparency and inadequate participation opportunities. The paper concludes that addressing these perceived justice deficits requires recalibrating EU forest governance toward genuine procedural inclusivity, fairer distribution of policy burdens, and explicit recognition of both material and epistemic marginalisation.


Résumé :

L'intégration des objectifs climatiques dans la gouvernance forestière de l'UE est politiquement controversée, les acteurs politiques poursuivant des objectifs contradictoires en invoquant, au nom de la justice, des arguments de victimisation et de marginalisation, ce qui débouche souvent sur des conflits insolubles. Cet article examine comment la notion de justice est définie et perçue par les acteurs politiques dans les débats concernant le règlement de l'UE sur l'utilisation des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie (LULUCF). Nous répondons à trois questions de recherche : a) quels cadres de la transition juste sont utilisés par les acteurs politiques dans le discours sur le secteur LULUCF, b) qui utilise ces cadres, et c) comment ces cadres s'articulent-ils avec le cadre politique officiel de l'UE en matière de LULUCF. Pour répondre à ces questions, nous analysons 101 contributions de parties prenantes issues de l'initiative « Have Your Say » de l'UE ainsi que des documents politiques clés de l'UE sur le secteur LULUCF. En combinant l'analyse des cadres avec les théories de la justice environnementale et de l'écologie politique, nous identifions cinq cadres distincts de transition juste : « La sylviculture d'abord », « Les forêts pour le climat », « Le pragmatisme de la politique de transition de l'UE », « La biodiversité et le climat d'abord » et « Prendre en compte la périphérie ». Les résultats mettent en évidence d'importantes asymétries de pouvoir structurelles, les cadres économiquement dominants et alignés sur l'industrie étant privilégiés dans les textes politiques officiels. À l'inverse, les préoccupations écologiques, les intérêts régionaux des périphéries européennes et les savoirs pratiques spécifiques restent marginalisés ou exclus. Cette sous-représentation accentue les inégalités régionales, les vulnérabilités écologiques et la marginalisation socio-économique. Dans tous les cadres identifiés, les acteurs politiques soulignent systématiquement les injustices procédurales perçues, notamment le manque de transparence et l'insuffisance des possibilités de participation. L'étude conclut que pour remédier à ces déficits de justice perçus, il est nécessaire de réorienter la gouvernance forestière de l'UE vers une véritable inclusivité procédurale, une répartition plus équitable des charges liées aux politiques et une reconnaissance explicite de la marginalisation tant matérielle qu'épistémique.



François Prud’homme (Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées CBN PMP et Dynafor) est auteur principal avec d'autres partenaires d'un rapport d'étude sur une première hiérarchisation des enjeux de conservation des associations végétales prairiales (Arrhenatheretea elatioris, Agrostietea stoloniferae, Molinio caeruleae-Juncetea acutiflori) des Pyrénées et de Midi-Pyrénées (territoire d'agrément du CBN PMP). 80 associations végétations ont été évaluées suivant des critères de responsabilité régionale, de sensibilité et spécialisation écologiques, de menaces et de tendances. Une catégorisation de priorité absolue à priorité faible a été faite pour toutes les associations par domaine biogéographique au sein de notre territoire d'étude (plaine, Pyrénées, Massif central). Plusieurs cartes d'enjeux sont aussi proposées pour territorialisées les efforts de conservation à mener pour les prairies les plus remarquables.


Une partie du temps passé par François Prud’homme sur cette étude était prise en charge par le contrat d’interface CBNPMP-INRAE Dynafor et cette hiérarchisation contribue à la cohérence et à la richesse des travaux menés dans le cadre de cette collaboration.


Prud'homme, F.; Mulatero, C.; Rudi-Dencausse, A.-S.; Gaultier, A.; De Muyser, M.; Corriol, G. (2026) Hiérarchisation des enjeux de conservation des prairies des Pyrénées et de Midi-Pyrénées - Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi Pyrénées, Bagnères de Bigorre, 35p. DOI:10.13140/RG.2.2.34941.52963




Floriane Clément est co-autrice d'un article sur une revue systématique de la littérature consacrée à la recherche sur la Feminist political ecology (FPE) dans le domaine de l'irrigation, en examinant comment la FPE est définie, conceptualisée et appliquée à la recherche sur l'irrigation, et inversement, comment l'irrigation est définie et analysée à travers le prisme de la FPE. Cet article est paru dans la revue en open access, The Wiley Interdisciplinary Reviews.


Leder-Büttner, S.; Clement, F.; Shrestha, G. (2026) Feminist Political Ecology (FPE) Research on Irrigation: A Systematic Literature Review. Wiley Interdisciplinary Reviews: Water13, no. 3: e70073. https://doi.org/10.1002/wat2.70073.

 

Abstract:

Irrigation systems are socio-technical systems whose sustainability depends on social relations and governance systems. However, most of the irrigation sector and research has largely been guided by apolitical, masculine, and technical discourses. We argue that a feminist political ecology (FPE) approach could support in-depth analyses of social and political dynamics and provide original perspectives on irrigation research and practice. We conducted a systematic literature review of FPE research on irrigation, examining how FPE is defined, framed, and applied to research on irrigation, and conversely how irrigation is defined and analyzed through an FPE lens. We identify 12 FPE themes to study power relations and social inequities in irrigation, resources, labor, land, and tenure struggles across 21 studies. Our review shows that FPE provides a multi-scalar, politicized, and social justice-oriented approach to differentiated access to, and the impacts of, irrigation. FPE studies bring fresh insights into: (i) embodied and emotional labor and everyday struggles over irrigation, (ii) effects of household, care, and community relations on irrigation access and control, and (iii) often overlooked topics such as water infrastructural violence, gendered vulnerability, intersectionality, and marginalized social groups in irrigation systems. We note a gap between the theoretical potential of FPE and its application in practice. Some studies apply FPE apolitically, and only a few studies reflect on a decolonial approach to science, self-reflexivity, and positionality. We recommend that future research engage more with concepts of body/embodiment, emotions, and care, and the link between the fluidity of water resources and dynamic power relations.


Résumé:

Les systèmes d'irrigation sont des systèmes socio-techniques dont la durabilité dépend des relations sociales et des systèmes de gouvernance. Cependant, une grande partie du secteur de l'irrigation et de la recherche dans ce domaine a été largement guidée par des discours apolitiques, masculins et techniques. Nous soutenons qu'une approche fondée sur la feminist political ecology (FPE) pourrait à la fois permettre des analyses approfondies des dynamiques sociales et politiques et apporter des perspectives originales sur la recherche et les pratiques en matière d'irrigation. Nous avons mené une revue systématique de la littérature consacrée à la recherche sur la FPE dans le domaine de l'irrigation, en examinant comment la FPE est définie, conceptualisée et appliquée à la recherche sur l'irrigation, et inversement, comment l'irrigation est définie et analysée à travers le prisme de la FPE. Nous avons identifié 12 thèmes liés à la FPE permettant d'étudier les relations de pouvoir et les inégalités sociales dans les luttes liées à l'irrigation, aux ressources, au travail, à la terre et au foncier, à travers 21 études. Notre analyse montre que la FPE propose une approche multi-scalaire, politisée et tournée vers la justice sociale qui s’intéresse à l'accès différencié à l'irrigation et à ses effets. Les études FPE apportent un éclairage nouveau sur : (i) le travail incarné et émotionnel ainsi que les luttes quotidiennes liées à l'irrigation, (ii) les effets des relations intra-familiales, des relations de soin et des relations communautaires sur l'accès à l'irrigation et son contrôle, et (iii) des thèmes souvent négligés tels que les violences infrastructurelles hydrauliques, la vulnérabilité liée au genre, l'intersectionnalité et les groupes sociaux marginalisés dans les systèmes d'irrigation. Nous constatons un écart entre le potentiel théorique de la FPE et son application en pratique. Certaines études appliquent la FPE de manière apolitique, et seules quelques-unes s'intéressent à une approche décoloniale de la science, à la réflexivité critique et à la positionnalité. Nous recommandons que les recherches futures s'intéressent davantage aux concepts de corps et d'encorporation, d'émotions et du care, ainsi qu'au lien entre la fluidité des ressources en eau et les relations de pouvoir dynamiques.

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