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Par Paul Bannwart (post-doctorant, UMR Dynafor)

 

Mobiliser le contrôle biologique des bioagresseurs nécessite de comprendre le fonctionnement des communautés d’ennemis naturels au sein d’espaces agricoles hétérogènes et dynamiques. Les connaissances actuelles sur ces fonctionnements demeurent pourtant partielles, même pour des groupes de prédateurs abondants comme les carabes et les araignées. Une méta-analyse précédemment publiée a démontré que les parcelles cultivées sont des lieux d’hivernation aussi important que les habitats semi-naturels pour les carabes, mais sont plus délétères pour les araignées. Toutefois ces connaissances sont principalement acquises dans des cultures conduites avec pesticides et travail du sol, et peu de ces études quantifient la redistribution des individus une fois sortis d'hivernation (mais où vont-ils?). Afin de répondre à ce manque de connaissance, une expérimentation au champ a été menée afin d'étudier le rôle relatif des habitats semi-naturels à des cultures conduites sans pesticides (et avec ou sans travail du sol profond et fréquent) à la fois sur l'hivernation et sur la redistribution (spillover) des populations de carabes et d'araignées.


Maya Rastouil, Leonie Falgous, toutes 2 doctorantes sur le projet de recherche CoCultures et co-encadrée entre autres par Camille Dumat ont publié leur 1er article de thèse ensemble intitulé: "Un réseau de jardinier.es, maraîchèr.es urbains pour étudier en transdisciplinarité, co-construire et expérimenter les associations de cultures de légumes" dans la revue, en accès libre, Belgeo, revue belge de Géographie afin d'éclairer l'articulation des approches agrobiologiques et sociologiques dans l'étude en réseau des dynamiques d'adoption des associations de cultures de légumes (ACL).


Rastouil, M*.;  Falgous, L.*, Botello, A.; Hanemian, M.; Guetat-Bernard, H.; et Dumat, C. (2026) Un réseau de jardinier.es, maraîchèr.es urbains pour étudier en transdisciplinarité, co-construire et expérimenter les associations de cultures de légumes. Belgeo, revue belge de Géographie. 27 pages, Volume 2, ISSN : 2294-9135. (*: co-1ères autrices)

Figure 2: Différentes dimensions de la thèse en agrobiologie qui s'éclairent mutuellement pour aboutir à une compréhension globale du fonctionnement des ACL
Figure 2: Différentes dimensions de la thèse en agrobiologie qui s'éclairent mutuellement pour aboutir à une compréhension globale du fonctionnement des ACL

Abstract:

This paper outlines the origins and methodology of the participatory research network "CoCultures," which brings together gardeners, market gardeners, associations, local authorities, and researchers in the Occitanie region of France. These individuals are engaged in a collaboirative approach to the co-creation and experimentation of vegetable crop associations (UCA) in urban areas. The objectives is to shed light on the interplay between agrobiological and sociological approaches in the network-based study of UCA adoption dynamics. To robustly document the agrobiological aspects, the experiment is conducted on approximately one hundred sites with varying soil, climate, and farming pratices. Given the crucial role of access to information and social capital in tha adoption of new agricultural pratices, this paper analyzes how market gardeners and gardeners appropriate and understand UCA. Questions concerning soil health and its microbiota bring together stakeholders involved in global health: biodiversity, plant health, food quality, and ultimately, individual health. Flollowing the concepts definition, agrobiological and sociological methods are presented. The convergences and divergences observed between the concerns of stakeholders involved in implementing conservation agriculture, as well as between different disciplines, are then discussed in order to consider hybrid indicators of conservationagriculture sustainability.


Résumé:

Cette communication retrace la génèse et la méthodologie du réseau de recherche participative "CoCultures" qui rassemble en Occitanie, jardinier.es, maraîcher.es, associations, collectivités et chercheur.es engagé.es dans une démarche de co-construction et d'expérimentation des associations de cultures de légumes (ACL) en zones urbaines. L'objectif est d'éclairer l'articulation des approches agrobiologiques et sociologiques dans l'étude en réseau des dynamiques d'adoption des ACL. Pour renseigner avec robustesse les aspects agrobiologiques l'expérimentation est réalisée sur une centaine de sites aux conditions pédoclimatiques et pratiques différentes. L'accès à l'information et le capital social jouant un rôle décisif dans l'adoption de nouvelles pratiques agricoles, il s'agit ainsi d'analyser comment les ACL sont appropriées et appréhendées. Les questionnements concernant la santé du sol et son microbiote, rassemblent les acteur.rices en lien avec la santé globale: biodiversité, santé des plantes, qualité de l'alimentation et in fine sa propre santé. Après une définition des concepts mobilisés; les méthodes agrobiologiques et sociologiques sont présentées; puis sont discutés les convergences et les divergences observées entre les enjeux des acteur.rices impliqué.es dans la mise en oeuvre des ACL et aussi les différentes disciplines, afin d'envisager des indicateurs hybrides de durabilité des ACL.

Camille Dumat est co-autrice d’une bande dessinée intitulée « Vallée de l’Orbiel, habiter (avec) la pollution : une recherche scientifique pour aller plus loin » publiée dans le cadre du projet PRIOR. Cette bande dessinée est née dans un territoire où rien n’est simple. Une vallée où l’on jardine, où l’on se promène, où l’on élève des enfants, mais où l’on vit aussi avec un héritage de pollution dont on ne sait jamais vraiment si on doit s’en méfier ou apprendre à «vivre avec». Ici, chacun a une histoire, une mémoire, une inquiétude, un doute ou une certitude. Et personne n’a tout à fait tort, ni tout à fait raison. Le projet PRIOR rassemble des chercheurs de disciplines différentes, venus non pas pour trancher ou désigner, mais pour comprendre avec les habitants, sans prendre parti. Cette BD raconte cette association : le savoir scientifique et les savoirs du quotidien. Les arguments, mais aussi les peurs et les gestes de tous les jours. Elle ne cherche pas à rassurer, ni à paniquer. Elle ouvre un espace pour réfléchir, discuter, contester, apprendre et décider ensemble.


Busca. D.; Chauveau. L.; Bontemps, M.; Meidani. A.; Dumat. C., (2025) Vallée de l’Orbiel, habiter (avec) la pollution : une recherche scientifique pour aller plus loin. Bande dessinée. Date de publication septembre 2025.

Couverture de la bande dessinée
Couverture de la bande dessinée

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