Laurent Larrieu est co-auteur d'un article sur la datation haute résolution de l'exploitation minière d’argent et de plomb au Moyen-âge grâce à des analyses de vestiges d'incendies intégrant archéologie, dendrochronologie, dendroanthracologie et écologie publié dans la revue Dendrochronologia.
Levillain L., Saulnier M., Ancel B., Larrieu L., Dufraisse A., Py-Saragaglia V. (2026). High-resolution dating of medieval silver-lead mining through integrated archaeological, dendrochronological and dendroanthracological analyses of firesetting remains (Vallauria, Alpes-Maritimes, France), Dendrochronologia, 100 126609. https://doi.org/10.1016/j.dendro.2026.126609

Abstract:
Accurately dating ancient mining activities remains a major challenge, particularly where radiocarbon chronologies
lack precision. This study aims to refine the chronology of medieval silver–lead exploitation at the Vallauria mine (Alpes-Maritimes, France) through an integrated dendrochronological and dendroanthracological approach. The analysis focuses on charcoal remains recovered from the “Absides” sector, a mining area located at the south-western end of the medieval extraction front. These remains correspond to in situ residues of firesetting activities used for ore extraction. Several hundred charcoal fragments, mainly conifers (Larch/Spruce and Silver fir), were analysed. Tree-ring series were measured and grouped into eight mean chronologies, which were crossdated with regional reference datasets to establish terminus post quem (TPQ). In parallel, a dendroanthracological protocol was applied to distinguish branch wood from trunk wood based on ring-width distributions derived from modern reference samples. This distinction enabled the estimation of missing rings in branch fragments using a maximum branch age of 125 years, providing terminus ante quem (TAQ). The results yield several TPQs and TAQs, indicating that the main mining phases occurred between the 12th and early 13th centuries, with a possible extension into the early 14th century. Although some TPQs remain uncertain due to moderate correlations and the specific growth patterns of European larch, combining TPQ and TAQ significantly refines chronological resolution compared to radiocarbon dating alone. The dendroanthracological analysis shows a predominant use of trunk wood, alongside variable contributions of branch wood within firesetting piles suggesting the full exploitation of harvested trees. Despite methodological limitations, this study highlights the strong potential of combining dendrochronology and dendroanthracology to improve the temporal resolution of mining activities and better understand past wood-use practices.
Résumé:
Avant l’utilisation de la poudre noire (17eme siècle), les mines étaient exploitées par la technique d’abattage par le feu (pyrofracturation) qui consistait à faire brûler une quantité conséquente de bûches contre la paroi à exploiter afin de fragiliser quelques centimètres de roche. Cette technique nécessitait de disposer de très grandes quantités de bois sec, collecté en général dans l’environnement le plus proche possible, et elle a de ce fait impacté fortement les forêts des vallées concernées. Dans le cadre de l’étude de la partie de la mine de Vallauria (Alpes Maritimes) exploitée au Moyen âge, ce travail a combiné plusieurs approches (archéologique, dendrochronologique, dendroanthracologique, écologique) afin de mieux estimer (i) les types de ressources utilisées (essences, bois de branche vs de tronc) et (ii) l’impact que pouvait avoir sur le paysage ce genre d’extraction minière, notamment en termes de quantité de bois exploitée et d’effet sur la composition dendrologique et la dynamique des peuplements.
Principaux résultats:
• Datation plus fine de l’exploitation intermittente de la mine (plusieurs phases sur environ 2 siècles)
• Les mineurs utilisaient des troncs de conifères de grand diamètre, complétés par des branches et des troncs de plus petit diamètre ; les analyses suggèrent la mobilisation d’arbres entiers, probablement abattus dans des peuplements soumis au pâturage. Dans ce contexte, la pression pastorale semble avoir été régulée par la communauté de Tende qui, dès le milieu du XIIe siècle, a repoussé les troupeaux et les bergers de la communauté de Saorge vers les marges de la vallée minière.
• Les principales essences utilisées étaient du Mélèze d’Europe/Epicéa commun (ces 2 essences ne peuvent pas être différenciées ; 58 % des charbons analysés) et le Sapin pectiné (33%) ; de nos jours, dans toute la vallée, le sapin n’est présent que de façon disséminé et localisé à quelques zones de faible surface sous falaise, alors qu’à cette altitude (étage montagnard), il devrait naturellement dominer les peuplements forestiers.
Léa Beaumelle, enseignante-chercheur à l'école d'ingénieurs de Purpan et membre du laboratoire est co-autrice d'un article de méta-analyse paru dans la revue Ecology Letters dans laquelle les auteurs se sont appuyés sur une base de données bibliographique à grande échelle (742 paysages dans 13 pays différents) pour évaluer l'impact de la diversification des cultures à l'échelle du paysage sur l'abondance des ennemis naturels, le potentiel de régulation naturelle (prédation/parasitisme), et l'abondance des insectes ravageurs.
Perrot, T.; Beaumelle, L.; Thomine,E.; (...) Rusch, A. (2026). Semi‐Natural Habitats Buffer the Effects of Crop Diversification on Arthropod Pest Control Services in Agricultural Landscapes. Ecology Letters, 2026, 29 (8), pp.e70440.https://doi.org/10.1111/ele.70440

Abstract:
Crop diversification is a promising strategy to strengthen pest control services in agricultural landscapes. Diversifying crops may limit pests through host crop dilution or by enhancing top-down control by their enemies. However, crop diversification may also benefit generalist pests through higher resource continuity. Using a large-scale dataset encompassing 742 landscapes across 13 countries, we assessed the impact of landscape-scale crop diversity on the abundance of natural enemies, the potential for biological control, and insect pest abundance. Crop diversification did not increase the overall abundance of natural enemies or the potential for biological pest control. Instead, crop diversity primarily favoured the abundance of specialist natural enemies and pests in highly simplified landscapes, an effect that was reduced in landscapes with high proportions of semi-natural habitats. Lastly, low proportions of host crops in the landscape were associated with higher abundances of natural enemies. Taken together, our results indicate that crop diversification is not a ‘one size fits all’ strategy to control agricultural pests, and that other landscape characteristics, such as high amounts of semi-natural habitats, must be considered to enhance biological pest control services.
Résumé:
Une stratégie intéressante pour renforcer les services écosystémiques de régulation naturelle des ravageurs est de diversifier les cultures à l'échelle des paysages agricoles. La diversification des cultures peut limiter les ravageurs en diminuant les surfaces de leur habitat de prédilection (culture hôte), mais aussi en offrant des habitats plus diversifiés, bénéfiques aux ennemis naturels qui les régulent naturellement. Cependant, diversifier les cultures dans les paysages peut aussi avoir des effets inverses, en offrant une plus grande continuité temporelle de ressources pour les ravageurs.
Dans cette étude, nous nous sommes appuyés sur une base de données à grande échelle (742 paysages dans 13 pays différents) pour évaluer l'impact de la diversification des cultures à l'échelle du paysage sur l'abondance des ennemis naturels, le potentiel de régulation naturelle (prédation/parasitisme), et l'abondance des insectes ravageurs.
Nos résultats montrent que la diversification des cultures n'a pas d'effet univoque sur les services de régulation naturelle des ravageurs. Bien que la diversification augmentait l'abondance des ravageurs, cet effet était atténué dans les paysages comportant une plus forte proportion d'habitats semi-naturels, en particulier pour les ravageurs spécialistes. En revanche, à elle seule, la diversification des cultures dans le paysage n'avait pas d'effet significatif sur l'abondance des ennemis naturels, ni sur le potentiel de régulation. Son effet dépendait plutôt de l'étendue du régime alimentaire des ennemis naturels: la diversité des cultures avait des effets neutres à négatifs sur les généralistes, mais des effets positifs sur les spécialistes lorsque la proportion d'habitats semi-naturels était faibles.
Dans l'ensemble, cette étude confirme les effets variables de la diversification des cultures sur les services de régulation naturelle, et apporte de nouvelles perspectives en identifiant des contextes dans lesquels cette diversification peut être bénéfique au contrôle biologique des ravageurs.
Par François Calatayud (UMR Dynafor).

- Mais Papa, c’est quoi ton boulot ? tu attrapes des papillons ?
- Oui, entre autres… Parfois, ce sont des syrphes…
- Et des sauterelles ?
- Oui, aussi… la nuit surtout !
- Mais tu ne te perds pas ?
- Mais non, je suis cartographe, je ne me perds que lorsque je l’ai décidé…
- Et t’as bossé longtemps pour ça ?
- Toute ma vie… En regardant, en écoutant, en me trompant, en vérifiant et un peu en dessinant.
- En dessinant ???
- Viens, je te raconte…
En septembre 2025, il a bien fallu faire les souhaits de formation comme tout le monde… et parmi des formations à l’identification acoustique des sauterelles ou des chiroptères, j’ai émis le souhait d’une formation à l’aquarelle appliquée au dessin naturaliste, après quelques années à commencer à esquisser des bestioles au bic ou au criterium. Ma brave DU m’a plutôt proposé de tester une tablette graphique, et c’est comme ça que ça a continué à commencer…Mais pourquoi dessiner des bestioles ? Pour faire joli ? Pour oublier que le monde brule ? ou aussi pour peaufiner ma culture naturaliste en tant qu’agent orga-terrain ? Un peu de tout ça… et un peu pour réfléchir à ce que ça peut être d’être un naturaliste dans un labo d'écologie…


















