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Axelle Tortosa et Gaëlle van Frank ont présenté leurs travaux actuels en post-doctorat à Dynafor aux 11èmes rencontres du groupe IOBC-WPRS Landscape Management for Functional Biodiversity (LMFB), organisées à l’Université d’Avignon, qui se sont déroulées du 11 au 13 mars 2026. Ce colloque a réuni une cinquantaine de chercheurs internationaux, abordant des thèmes variés liés au contrôle biologique : diversification des systèmes agricoles, interactions biotiques, modélisation et gestion des paysages à différentes échelles. Les échanges ont couvert des approches disciplinaires complémentaires (écologie, agronomie, économie, acoustique, etc.), avec un accent sur les leviers agroécologiques pour limiter les bioagresseurs. Un point marquant a été la diversité des contextes étudiés, incluant des systèmes variés au sein de territoires contrastés (européens, métropolitains et ultramarins), ce qui a donné lieu à de nombreux échanges intéressants et stimulants sur la biodiversité et le contrôle biologique.


Voilà le détail de leurs communications orales:

1°) Tortosa, A.; Laroche, F.; Rusch, A.; Alignier, A.; Birkhofer, K.; Cadot, S.; Cordeau, S.; Djoudi, E-A.; Duflot, R.; Enjalbert, J.; Fabre, F.; Frelat, R.; Fréville, H.;  Lavigne, C.; Muneret, L.; Petit, S.; Vialatte, A. (2026) Prioritizing options of plant diversification across scales to control multiple pests: insights from a theoretical approach. IOBC-WPRS Bulletin Vol. 182. Proceedings of the 11th Meeting at Avignon (France), 11-13 March, ISBN 978-92-9067-369-9 [XIII + 218 pp.]


Résumé: La diversification végétale, à l’échelle de la parcelle ou du paysage, est une solution importante et prometteuse pour renforcer la résilience des agroécosystèmes face à de multiples bioagresseurs. À l’occasion de ce colloque, j’ai pu échanger sur les avancées du projet FRB-CESAB FunBioDiv. J’ai notamment présenté nos réflexions autour d’un cadre théorique basé sur les traits fonctionnels des bioagresseurs (insectes ravageurs, adventices, pathogènes), afin de mieux comprendre leurs réponses face aux stratégies de diversification.

L’objectif est double derrière ce travail : identifier des options de gestion adaptées, en lien avec les processus écologiques clés comme la dispersion ou la spécialisation à l’hôte, et connecter théorie écologique et les pratiques agricoles pour des systèmes plus résilients. Une approche intégrée qui a pour ambition d’allier prédiction et application, au service de l’agroécologie.

Mots-clés : agroécologie, insectes ravageurs, adventices, pathogènes, traits fonctionnels, cadre conceptuel

 

Abstract: Designing agroecological farming systems and landscapes that effectively reduce pest emergence, spread and damage has become crucial for sustainable crop production. Plant diversification is a solid pathway to enhance agroecosystem resistance and resilience, and encompasses multiple management options, including within-field diversification strategies (e. g., cultivar mixture) and landscape-level strategies (e. g., crop diversity). However, managing crop health in a systemic way is challenging as multiple mechanisms to control multiple pests operate across spatial and temporal scales. The theoretical framework we propose aims to improve our understanding about the efficiency of combinations of plant diversification options to limit risks related to pests. We suggest a trait-based framework linking pest functional traits to the ecological processes that influence their dynamics, including resource use, dispersal, and host specialization. This mechanistic approach seeks to move beyond taxonomic descriptions toward a predictive understanding of pest responses to plant diversification options. Building on this framework, we developed a computational tool that allows users to produce a prioritized list of relevant plant diversification options based on simple pest traits through logical rules grounded in a mechanistic understanding of pest control. This innovative, integrated approach aims to connect ecological theory and applied pest management, fostering predictive strategies for sustainable agroecosystems.

Key words: insect pests, weeds, diseases, agroecology, functional traits, conceptual framework


2°) van Frank, G.; Vialatte, A.; Sauvage, S.; Desaegher, J.; Dos Santos, V.; Glad, A.; Sheeren, D.; Andrieu, E.; Gallai, N.; Kleftodimos, G.; Boussard, H.; Sanchez-Pérez, J-M.; Probst, A.; Probst, J-L.; Ouin A. (2026) Trade-offs and synergies between ecosystem services in agricultural landscapes – a multiservice modelling approach. IOBC-WPRS Bulletin Vol. 182. Proceedings of the 11th Meeting at Avignon (France), 11-13 March, ISBN 978-92-9067-369-9 [XIII + 218 pp.]


Résumé: La compréhension des impacts des pratiques agricoles sur la fourniture de bouquets de services écosystémiques est clé pour concevoir des paysages agroécologiques. La modélisation spatialement explicite est un outil permettant à la fois d'explorer les possibles synergies et compromis entre services, et d'accompagner les acteurs des territoires à penser la transition. J'ai présenté lors du colloque nos travaux de développement d'une méthodologie de couplage de modèles traitant des services de pollinisation, de régulation biologique, de qualité et quantité d'eau ainsi que de l'évaluation économique. Des scénarios de changements d'occupation du sol à l'échelle d'un bassin versant ont été testés, révélant le besoin de prendre en compte les changements de pratiques agricoles associées. Cette méthode sera adaptée et mise en œuvre dans le Living Lab Gascogne, en associant les acteurs du Living Lab à la conception des scénarios et à leur évaluation.

 

Abstract: Exploring how landscape changes affect multiple ecosystem services is key to design agroecological landscapes that would foster a bundle of ecosystem services. In this study, we focus on pollination, pest control and surface water quality (nitrate concentration). We simulated two agricultural watersheds, in the Living Lab Gascogne in South-West of France, and five scenarios of land-cover changes. Spatially-explicit models were used to evaluate the impacts of the five scenarios on the levels of services delivered. At the watershed level, all three services were on average improved with the scenarios in which all cereals were converted to either grasslands or forests, while they were reduced with the scenario in which all grasslands were converted to cereals. Results were contrasted for the more realistic scenarios. An analysis at a smaller spatial scale might unravel synergies and trade-offs between services linked to changes in the surrounding landscape. These results suggest that only changing land cover without changes in associated agricultural practices such as pesticide use or mineral fertilization, might not be sufficient to foster sets of ecosystem services. This modelling approach can be used to promote concerted action between stakeholders using maps, and to help design agroecological landscapes that fosters bundles of ecosystem services.

L’UMR Dynafor recrute un doctorant ou une doctorante en sciences sociales de l’environnement ou en agronomie des territoires.

Ce projet de thèse s’appuie sur le cas des interactions culture-élevage pour adresser un front de connaissance plus large sur le rôle des modes de gouvernance collaboratifs à l’échelle des territoires pour impulser des transitions agroécologiques justes. Il s’agit de mieux comprendre les freins et leviers de ces collaborations, mais aussi les trajectoires, les mécanismes, et les effets de ces collaborations dans différents contextes.

(1) Quels sont les apports potentiels des collaborations entre ferme de cultures et ferme d’élevage à l’échelle des territoires, en termes écologiques, sociaux et économiques ? Quelles sont les initiatives existantes, et les motivations des acteurs à s’y engager ?

(2) Quels sont les freins et leviers de ces collaborations dans différents contextes ? Quelles sont les trajectoires, les dynamiques de pouvoir à l’œuvre, et les enjeux de justice associés ?

(3) Dans quelle mesure des démarches de coconception d’innovations associant les acteurs des territoires peuvent permettre d’accompagner des transitions agroécologiques justes, attentives aux enjeux de pouvoir ?


La thèse sera réalisée au sein de l’UMR Dynafor, à Toulouse, une unité de recherche interdisciplinaire croisant sciences sociales, écologie des paysages et agronomie des territoires. Elle sera encadrée par Cécile Barnaud, directrice de recherche INRAE en géographie humaine, coordinatrice du projet CRESCENDO et membre de l'unité DYNAFOR, et Julie Ryschawy, maître de conférence en zootechnie - agronomie des territoires à l’ENSAT (école d’ingénieur AgroToulouse), et chercheuse accueillie à l’UMR SAS à Rennes.

Le contrat doctoral et les dépenses de la thèse sont financés par le projet CRESCENDO. La thèse devrait démarrer le 1er octobre 2026, pour une durée de 3 ans.

Des déplacements réguliers à Rennes et sur les terrains d’étude sont à prévoir.


Contact et candidature:

Pour candidater, merci d’envoyer CV et lettre de motivation à cecile.barnaud[at]inrae.fr et julie.ryschawy[at]inrae.fr au plus tard le 1e juin 2026. Vous pouvez joindre à votre dossier une production écrite (ex : mémoire de master) attestant de votre capacité d’enquête, d’analyse et de rédaction. Après une sélection sur dossier, des entretiens seront réalisés entre le 20 et 30 juin, pour une décision finale début juillet et une prise de poste le 1er octobre.


Pour en savoir plus sur l'offre de thèse:


Antoine Brin, Hervé Brustel et Lionel Valladares sont co-auteurs d'un nouveau datapaper sur le jeu de données du projet DATASAPROX paru dans la revue Biodiversity Data Journal. Le projet DATASAPROX vise à constituer un jeu de données standardisé sur les coléoptères saproxyliques de France continentale et de Corse, basé uniquement sur des méthodes d’échantillonnage protocolées, en particulier des pièges d’interception en vol. Ce projet se focalise sur les données réellement exploitables pour l’écologie quantitative (standardisation, métadonnées complètes). Ce jeu de données standardisé sur 675 525 occurrences de coléoptères saproxyliques échantillonnés par pièges protocolés en France et en Corse, regroupe les données de 21 producteurs, couvre 96 départements et inclut 2039 espèces (77% des espèces françaises).

Les pièges retenus sont les modèles les plus utilisés pour les études saproxyliques (Polytrap, Crosstrap, Lindgren…). Soulignons l’utilisation massive du piège à interception multidirectionnel Polytrap™, mis au point, par nos collègues de l'école d'ingénieurs de Purpan.

La standardisation a porté sur la taxonomie, les métadonnées, la géolocalisation et la suppression des doublons.

Le dataset se distingue des données opportunistes (OpenObs) par une meilleure précision, une représentativité plus équilibrée et une focalisation sur les petites espèces discrètes.

En conclusion, DATASAPROX offre un outil robuste pour l’écologie, la conservation et la gestion forestière. Le dataset offre des nouvelles opportunités scientifiques pour :

  • Les analyses de biodiversité (richesse, structure de communautés, gradients)

  • Le suivi temporel des populations

  • La détection d’espèces exotiques

  • L’évaluation de pratiques de gestion forestière

  • Les analyses biogéographiques fines grâce aux métadonnées standardisées.


Bosc C, Touroult J, Horellou A, Mériguet B, Brin A, Valladares L, Brustel H, Barnouin T, Soldati F, Delzons O, Buralli F, Braud Y, Calmont B, Herbrecht F, Etienne S, Roques A, Gouix N, Moulin N, Dodelin B, Delporte G, Pages J, Chambord R, Chabrol L, Yvinec J-H, Bouget C (2026) DATASAPROX: standardised dataset from protocolled sampling of saproxylic beetles in continental France and Corsica. Biodiversity Data Journal 14: e187021. https://doi.org/10.3897/BDJ.14.e187021


a) carte de répartition des points d'échantillonnage de Datasaprox; b) piège à interception multidirectionnel Polytrap™
a) carte de répartition des points d'échantillonnage de Datasaprox; b) piège à interception multidirectionnel Polytrap™

Abstract:

Background: As part of the DATASAPROX project, we created an occurrence dataset of the saproxylic beetles from continental France and Corsica focused on protocolled data from flight interception traps. For this, we solicited the main national data producers and collected their raw data as well as the associated trapping metadata (e.g. type of trap). Once retrieved, all data went through selection and reformatting steps, including the removal of duplicates between datasets and the standardisation of taxonomic information according to the TAXREF v.18 format. We considered data from specific aerial interception traps: crossed window (©Polytrap, ©Pimul, ©Crosstrap, ©Portrap), multi-funnel (Lindgren) and window (single glass) traps.

New information: We aggregated a dataset constituting 675,525 records from 21 data producers and providers, including 485 identified projects. This dataset includes a total of 71 families, 153 subfamilies, 738 genera and 2039 species of saproxylic beetles. Data points encompass all 96 counties from continental France and Corsica for a total of 8969 geographic points and 66,202 samples. This new standardised dataset on saproxylic beetles offers new opportunities for ecological studies and conservation applications.







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