Aude Vialatte et Diane Esquerré sont co-autrices d'un nouvel article publié dans la revue Agronomy for Sustainable Development dans le cadre du projet de recherche PREPARE (2020-2022- financé par Ecophyto) dans le cadre du réseau de suivi de la biodiversité SEBIOPAG. L'article donne les résultats d'une recherche ancrée sur le terrain qui a combiné la conception conjointe de scénarios de changements à l'échelle du paysage dans les pratiques agricoles et l'évaluation ex ante des services de contrôle des ravageurs dans le cadre de ces scénarios, grâce à l'élaboration de modèles prédictifs s'appuyant sur des données locales à long terme issues de deux études de cas contrastées portant sur des paysages différents à savoir les sites atelier Plaine de Dijon et .Vallées et Coteaux de Gascogne. Ce dernier est un site situé sur le laboratoire vivant Gascogne et la zone atelier PyGar.

Petit, S., Boussard, H., Gibert, C. (...) Esquerré, D. (...), Vialatte, A. (2026). Combining participatory approach and modeling to quantify spatial interdependencies in pest control services. Agron. Sustain. Dev. 46, 48. https://doi.org/10.1007/s13593-026-01121-x
Abstract:
Reinforcing the regulation of pests by their natural enemies is a promising way of reducing the use of pesticides and can be achieved through the adoption of management options at multiple scales, from field to landscape. In practice, however, most management efforts concentrate on modifying farming practices at the field level and examples of implementation of landscape-scale pest management strategies are scarce. Here, we report on place-based research that combined the codesign of scenarios of landscape-scale changes in farming practices and ex ante evaluation of pest control services under such scenarios, through the development of predictive models mobilizing long-term local data in two contrasting landscape case studies. We found that scenarios of farming change and predictive models of pest control services were site-specific. In both case studies, we show a high degree of spatial interdependency between farmers in the delivery of on-farm pest control services and, more importantly, that a wide adoption of pest control friendly-farming practices in the landscape leads to a win-win situation for each individual farmer. Farms that implemented changes were predicted to increase on-farm pest control services between 2% and 25%, depending on the changes in farming practices and case studies. When changes were implemented more widely at the landscape scale, the gain varied between 12.5% and 20% in farms where changes were implemented and between 9% and 12.5% in farms where no changes in practices were implemented. Additional gains were obtained when neighboring farmers collaborated and adjusted crop allocation on their farm in order to optimize pest control services at the landscape scale. This outcome reinforced the positive attitude of farmers towards the idea of acting collectively to promote pest control services, although such collective management was not perceived as being easy to implement and should be accompanied.
Résumé :
Le renforcement de la lutte contre les ravageurs par leurs ennemis naturels constitue une approche prometteuse pour réduire l'utilisation des pesticides ; cet objectif peut être atteint grâce à la mise en œuvre de mesures de gestion à différentes échelles, de la parcelle au paysage. Dans la pratique, cependant, la plupart des efforts de gestion se concentrent sur la modification des pratiques agricoles au niveau de la parcelle , et les exemples de mise en œuvre de stratégies de lutte contre les ravageurs à l'échelle du paysage sont rares. Nous présentons ici les résultats d'une recherche ancrée sur le terrain qui a combiné la conception conjointe de scénarios de changements à l'échelle du paysage dans les pratiques agricoles et l'évaluation ex ante des services de contrôle des ravageurs dans le cadre de ces scénarios, grâce à l'élaboration de modèles prédictifs s'appuyant sur des données locales à long terme issues de deux études de cas contrastées portant sur des paysages différents. Nous avons constaté que les scénarios d'évolution des pratiques agricoles et les modèles prédictifs relatifs aux services contrôle des ravageurs étaient spécifiques à chaque site. Dans les deux études de cas, nous mettons en évidence un degré élevé d'interdépendance spatiale entre les agriculteurs dans la fourniture de services de contrôle des ravageurs au sein de leurs exploitations et, surtout, que l'adoption à grande échelle, celle du paysage, de pratiques de diversification et de réduction de pesticides conduit à une situation gagnant-gagnant pour chaque agriculteur pris individuellement. On a observé que les exploitations agricoles ayant mis en œuvre des changements augmentaient leurs services de lutte contre les ravageurs sur place de 2 % à 25 %, en fonction des modifications apportées aux pratiques agricoles et des études de cas. Lorsque ces changements ont été mis en œuvre à plus grande échelle, au niveau du paysage, le gain variait entre 12,5 % et 20 % dans les exploitations avec des changements de pratiques, et entre 9 % et 12,5 % dans celles où aucune modification des pratiques n’avait été apportée. Des gains supplémentaires ont été obtenus lorsque les agriculteurs voisins ont collaboré et ajusté la répartition des cultures sur leurs exploitations afin d’optimiser les services de lutte contre les ravageurs à l’échelle du paysage. Ce résultat a renforcé l’attitude positive des agriculteurs à l’égard de l’idée d’agir collectivement pour favoriser les services de lutte contre les ravageurs, même si cette gestion collective n’était pas perçue comme facile à mettre en œuvre et devait faire l’objet d’un accompagnement.
Par Noémie Laborie (post-doctorante, UMR G-EAU Inrae, Montpellier)
Présentation d'un travail réalisé par Noémie Laborie, Olivier Barreteau, Gwenaël Imfeld, Nathalie Hervé-Fournereau, Nicolas Gaidet, Catherine Baron, Marie-Anne Germaine, Karl M. Wantzen, Sara Fernandez, Amaël Marchand, Yixin Cao, David Blanchon, Aude Zingraff-Hamed et Joana Guerrin. Ce travail a fait l'objet d'un article soumis à la revue WIREs Water.

L’inclusion des autres-qu’humains (OTHs) dans la gouvernance de l’eau suscite une attention croissante, comme l’illustre l’essor d’initiatives telles que les mouvements des droits des rivières. Cependant, elle se heurte à un défi majeur : le manque de méthodes et d’outils adaptés pour coproduire des connaissances avec les OTHs et les engager dans la gouvernance de socio-hydrosystèmes partagés. Notre revue de littérature s'adresse à ce défi, et vise à (1) cartographier et catégoriser les outils et méthodes existants afin de mieux identifier les lacunes de connaissances et les pistes de recherche futures ; et (2) développer une typologie d’inclusion des OTHs dans la gouvernance de l'eau, fondée sur les motivations sous-jacentes et les modes d’engagement.
Par Margot Donkervoort (réalisatrice); Floriane Clément et Caroline Mouille (UMR Dynafor)
Jeudi 11 juin en avant-première, Dynafor a organisé la projection du court-métrage du projet COTERRA « Élever et cultiver – Continuer à vivre de la terre dans le Comminges » dans le cadre de ses Retours du Jeudi (séminaire d'animation scientifique du laboratoire). Ce sont une quarantaine de collègues de Dynafor (mais pas que) qui ont assisté à cette toute première projection en public du film. Ce film a été réalisé par Margot Donkervoort dans le cadre du projet de recherche-action participative COTERRA ‘Repenser les collectifs agricoles dans leurs territoires pour plus d'autonomie’, mené par Dynafor avec 12 partenaires académiques et non académiques dans le Nord Comminges.
Dans les coteaux du Comminges, au sud-ouest de Toulouse, trois agriculteurs nous racontent leur métier. Emmanuel, Vincent et Julien témoignent des choix techniques qu’ils font au quotidien, de la façon de nourrir leurs animaux à l’entretien de leurs sols, face à une érosion qui menace la fertilité de leurs champs. A travers leurs questionnements environnementaux et humains, ils nous dévoilent les coulisses d’une polyculture-élevage qui interroge son avenir. Comment organiser son travail pour que l’élevage ne soit plus un métier asservissant ? Quelle place donner aux espaces collectifs dans une agriculture qui pousse à l’individualité ? Comment prendre soin des systèmes de production dans leur intégralité ? Dans une époque où vivre de l’agriculture devient de plus en plus difficile, tous retracent, à leur manière, une certaine recherche d’autonomie.



















