top of page

Laurent Larrieu est co-auteur d'un nouvel article sur la structure des haies comme indicateur de la biodiversité multitaxonomique avec une approche comparative entre les mesures prises depuis le sol et via du LIDAR aérien publié dans la revue Environmental and Sustainability Indicators. Elle concrétise une collaboration entre les laboratoires Dynafor et Biogeco d'Inrae qui commence à intégrer les dendromicrohabitats dans l’approche indirecte de la biodiversité


Plat, N., Pellett, C., Valbuena, R., Changenet, A., Larrieu, L., Gouix, N., Rivoal, J.-B., Bonnard, O., van Halder, I., Jactel, H., Hedgerow structure as an indicator for multi-taxonomic biodiversity: a comparative approach between ground and airborne lidar measurements, Environmental and Sustainability Indicators, https://doi.org/10.1016/j.indic.2026.101479.



Abstract:

Broadleaved hedgerows provide important refuges for forest biodiversity within intensively managed pine plantation landscapes. However, little is known on the relationships between the vertical and horizontal structure of these hedgerows and the associated taxonomic biodiversity, as well as the use of these characteristics as indirect bioindicators. Lidar-derived metrics are increasingly used in ecology, but few studies have evaluated their ability to capture structural drivers of multi-taxonomic biodiversity compared to traditional field measurements. We investigated whether structural metrics obtained from airborne lidar and from ground surveys could predict multi-taxonomic biodiversity and tree-related microhabitats (TreMs) profile in 22 broadleaved hedgerows located at the edge of maritime pine plantations. Six taxonomic groups (vascular plants, butterflies, carabid beetles, spiders, birds and reptiles) and TreMs were surveyed. Twelve lidar- and ground-based structural variables were quantified. Lidar-derived horizontal variability in total cover (canopy + understorey vegetation) was the best predictor of overall multidiversity (R2 = 0.28), whereas mean canopy cover most strongly explained the multidiversity of forest-specialist species (R2 = 0.46). Both variables outperformed equivalent ground-based variables. By contrast, lidar metrics showed no predictive power for TreMs abundance or richness, while basal area measured in the field proved to be a good predictor (R2 = 0.47 and 0.43 for TreMs abundance and richness, respectively). Our findings highlight the complementarity of lidar- and ground-based indicators for biodiversity assessment. As high-resolution lidar data become increasingly available at broad scales, horizontal heterogeneity and canopy cover emerge as promising indirect indicators of multi-taxonomic biodiversity in hedgerows across large landscapes.

 

Résumé:

Les haies de feuillus constituent des refuges importants pour la biodiversité forestière au sein des paysages de plantations de pins gérées de manière intensive. Cependant, on dispose de peu d'informations sur les relations entre la structure verticale et horizontale de ces haies et la biodiversité taxonomique qui y est associée, ainsi que sur l'utilisation de ces caractéristiques en tant que bioindicateurs indirects. Les métriques dérivées du lidar sont de plus en plus utilisés en écologie, mais peu d'études ont évalué leur capacité à rendre compte des facteurs structurels de la biodiversité multitaxonomique par rapport aux mesures traditionnelles effectuées sur le terrain. Nous avons cherché à déterminer si les métriques structurelles obtenus à partir du lidar aéroporté et des relevés depuis le sol pouvaient prédire la biodiversité multitaxonomique et les assemblages de dendromicrohabitats (TreMs) dans 22 haies de feuillus situées en lisière de plantations de pins maritimes. Six groupes taxonomiques (plantes vasculaires, papillons, carabidés, araignées, oiseaux et reptiles) et les TreMs ont été étudiés. Douze variables structurelles, issues du lidar et de relevés depuis le sol, ont été quantifiées. La variabilité horizontale de la couverture totale (canopée + végétation du sous-bois), dérivée du lidar, s'est avérée être le meilleur prédicteur de la biodiversité globale (R² = 0,28), tandis que la couverture moyenne de la canopée expliquait le mieux la biodiversité des espèces forestières spécialisées (R² = 0,46). Ces deux variables ont donné de meilleurs résultats que les variables équivalentes mesurées depuis le sol. En revanche, les métriques lidar n’ont montré aucun pouvoir prédictif concernant l’abondance ou la diversité des TreMs, tandis que la surface terrière mesurée sur le terrain s’est révélée être un bon indicateur prédictif (R² = 0,47 et 0,43 pour l’abondance et la diversité des TreMs, respectivement). Nos résultats soulignent la complémentarité des métriques lidar et de terrain pour l’évaluation de la biodiversité. Comme les données lidar à haute résolution deviennent de plus en plus accessibles à grande échelle, l'hétérogénéité horizontale et la couverture du couvert végétal apparaissent comme des indicateurs indirects prometteurs de la biodiversité multitaxonomique des haies à l'échelle de vastes paysages.

Dans le cadre du PEPR FORESTT, Laurent Larrieu a produit avec des collègues toulousains, une courte vidéo (environ 6 minutes) qui a pour objectif de poser le cadre conceptuel d’une forêt «férale» et de présenter succinctement un nouvel outil d’évaluation de la « qualité » des forêts : l’Indice d’anthropisation à effets Potentiels (IAP).

 

Py-Saragaglia V., Burri S., Larrieu L., Maillé S., Migeot J., Saulnier M. (2026). Les vieilles forêts: des écosystèmes féraux. Vidéo 6 mn. PEPR FORESTT



Le constat, c’est que le retour de fonctionnalités naturelles dans les vieilles forêts ne s’opère pas sur un socle vierge, mais dans des espaces anciennement anthropisés, domestiqués, travaillés et recomposés par les sociétés, avant d’être abandonnés, réservés ou volontairement laissés en libre évolution. Loin d’un retour à une nature primaire, et en l’absence d’un cortège fonctionnel complet, ce processus donne naissance à de nouveaux paysages forestiers, particulièrement propices à être pensés à travers le concept de féralité et la notion d’héritage bioculturel. Parce qu’elles évoluent spontanément tout en conservant les traces durables des usages passés, les vieilles forêts invitent à développer de nouveaux outils d’évaluation. C’est dans cette perspective que nous avons développé l’Indice d’anthropisation à effets Potentiels, ou IAP, un outil destiné à intégrer les héritages socio-écologiques des activités humaines dans l’étude des peuplements forestiers, en évaluant à la fois leur degré d’anthropisation passée et les effets persistants de celle-ci sur le fonctionnement des écosystèmes.

Alexis Carteron, enseignant-chercheur à l'Ecole d'ingénieurs de Purpan et membre du laboratoire, est co-auteur d'un article où ils proposent la première évaluation multitaxonomique des transitions de la biodiversité à l’interface supraglaciaire-proglaciaire sur cinq systèmes glaciaires situés au Svalbard, dans les Alpes et en Patagonie. Il a été publié dans la revue Global Change Biology.


Cantera, I.; Marta, S.; Carteron, A.; et al. (2026). The Biodiversity of Retreating Glaciers Leaves an Ecological Legacy in Emerging Soil Communities. Global Change Biology  32, no. 8: e71040. https://doi.org/10.1111/gcb.71040.


Carte des sites et des taxa étudiés
Carte des sites et des taxa étudiés

Abstract :

Glacier retreat is transforming high- mountain and polar landscapes, replacing ice with vast, newly exposed terrains where soil development and ecological succession start. Although ecosystems developing in deglaciated terrains are often viewed as start ing from scratch, glaciers host diverse communities whose links with emerging soils remain unquantified. Using environmental DNA metabarcoding, we provide the first multi- taxa assessment of biodiversity transitions across the supraglacial–proglacial interface across five glacier systems in Svalbard, the Alps and Patagonia. We analysed 212 samples from the surfaces of retreat ing glaciers and their forelands, spanning a chronosequence from 1 to 483 years since deglaciation. Recently deglaciated soils (≤ 10 years since glacier retreat) showed taxonomic and functional similarity to supraglacial communities. This ecological con tinuity was highly taxon- specific, being pronounced for communities of microorganisms (Bacteria, Fungi, Protista) but weak for animals (e.g., Collembola, Insecta). For microbes, similarity diminished rapidly over succession as community turnover increased, and functional composition shifted from phototrophic and saprotrophic dominance toward heterotrophic and sym biotic assemblages. Shared microbial taxa and functions indicate a transient glacial influence during early soil succession. Our results suggest that early soil communities are not assembled independently of glacier ecosystems, but are initially linked to them through diverse ecological pathways that diminish over time. The observed glacier–proglacial connectivity challenges the view of succession on deglaciated terrains as beginning on lifeless substrates and instead points to a glacial legacy in emerging soils. As glaciers rapidly disappear under climate change, the unique biodiversity they host is also being lost, underscoring the urgent need to study supraglacial and proglacial systems together. Such integration is essential to understand ecological succession in proglacial ecosystems, which are expected to play an increasingly important role in this century.

Résumé :

Le recul des glaciers transforme les paysages de haute montagne et polaires, remplaçant la glace par de vastes étendues nouvellement exposées où s'amorcent la formation des sols et la succession écologique. Bien que l'on considère souvent que les écosystèmes se développant sur ces terrains déglacés partent de zéro, les glaciers abritent des communautés diversifiées dont les liens avec les sols émergents restent à quantifier. À l’aide du métabarcoding de l’ADN environnemental, nous proposons la première évaluation multitaxonomique des transitions de la biodiversité à l’interface supraglaciaire-proglaciaire sur cinq systèmes glaciaires situés au Svalbard, dans les Alpes et en Patagonie. Nous avons analysé 212 échantillons prélevés à la surface de glaciers en recul et dans leurs zones d’avant-glacier, couvrant une chronoséquence allant de 1 à 483 ans depuis la déglaciation. Les sols récemment déglacés (≤ 10 ans depuis le recul du glacier) présentaient une similitude taxonomique et fonctionnelle avec les communautés supraglaciaires. Cette continuité écologique était très spécifique à chaque taxon, se révélant marquée pour les communautés de micro-organismes (bactéries, champignons, protistes), mais faible pour les animaux (par exemple, les collemboles et les insectes). Pour les micro-organismes, la similitude a rapidement diminué au cours de la succession, à mesure que le renouvellement des communautés s’accélérait et que la composition fonctionnelle évoluait d’une dominance phototrophique et saprotrophique vers des assemblages hétérotrophes et symbiotiques. Les taxons et fonctions microbiens communs indiquent une influence glaciaire transitoire au cours des premières étapes de la succession du sol. Nos résultats suggèrent que les premières communautés du sol ne se constituent pas indépendamment des écosystèmes glaciaires, mais qu’elles y sont initialement liées par diverses voies écologiques qui s’estompent avec le temps. La connectivité observée entre les glaciers et les zones proglaciaires remet en question l’idée selon laquelle la succession écologique sur les terrains déglacés commencerait sur des substrats dépourvus de vie ; elle met plutôt en évidence un héritage glaciaire dans les sols émergents. À mesure que les glaciers disparaissent rapidement sous l’effet du changement climatique, la biodiversité unique qu’ils abritent se perd également, ce qui souligne l’urgence d’étudier conjointement les systèmes supraglaciaires et proglaciaires. Une telle intégration est essentielle pour comprendre la succession écologique dans les écosystèmes proglaciaires, qui devraient jouer un rôle de plus en plus important au cours de ce siècle.

Posts à l'affiche
Posts Récents
Archives
Rechercher par Tags
bottom of page