Par Chloé Loursel (stagiaire Dynafor, master 2 Biodiversité, Écologie et Évolution parcours Biodiversité et Développement Durable – Université Via Domitia de Perpignan, stage financé par le projet RestPoll).

Les prairies restaurées et permanentes jouent un rôle essentiel pour les pollinisateurs en déclin. Ce travail utilise le protocole transect (Expert) comme référence et teste le protocole d’évaluation rapide (RA) afin d’évaluer s’il peut fournir les mêmes informations pour un suivi à long terme de ces prairies. La capacité du RA à identifier les plantes attractives, caractériser les morpho groupes et détecter l’effet des pratiques agricoles est alors étudiée. Le RA retrouve plusieurs tendances observées avec l’Expert, mais reste limité pour certains groupes et effets de gestion.
Luc Barbaro est co-auteur d'une étude internationale sur les réactions des oiseaux à la déforestation paru dans la revue Nature Ecology & Evolution mobilisant des données collectées dans 111 études situées sur tous les continents.
Granville, N.; Williams, J.; Groner, V.; Barlow, J.; Betts, M.; (...) Barbaro, L.; (...) Banks-Leite, C. (2026). Temperature mediates variation in avian sensitivity to forest cover. Nature Ecology & Evolution. https://doi.org/10.1038/s41559-026-03160-9

Abstract:
Emerging evidence shows that responses to deforestation can differ both across species and among populations of the same species. The reasons underlying these complex patterns are unclear, and this lack of clarity is a barrier to accurate monitoring and prediction of biodiversity change. Using data from 2,262 bird species across 7,326 sites from all forested continents, we show that between-species and within-species variations in responses to forest cover are mediated by temperature. Populations in warmer macroclimates tend to decline in incidence in deforested landscapes because hotter microclimates push them closer to their species’ realized upper thermal tolerance limits. By contrast, populations in cooler macroclimates tend to be less affected by or even benefit from deforestation, as microclimatic temperatures are pushed closer to more optimal temperatures. Our findings offer an empirically grounded framework for biodiversity models that move beyond fixed species responses and incorporate interactions between temperature and land-use change.
Résumé:
De nouvelles données montrent que les réactions à la déforestation peuvent varier tant d’une espèce à l’autre qu’au sein d’une même espèce. Les raisons qui expliquent ces schémas complexes restent floues, et ce manque de clarté constitue un obstacle à un suivi et à une prévision précis des changements en matière de biodiversité. À partir de données portant sur 2 262 espèces d’oiseaux réparties sur 7 326 sites de tous les continents boisés, nous montrons que les variations inter- et intra-espèces dans les réactions au couvert forestier sont influencées par la température. Les populations vivant dans des macroclimats plus chauds ont tendance à voir leur abondance diminuer dans les zones déboisées, car les microclimats plus chauds les rapprochent des limites supérieures de tolérance thermique réelles de leur espèce. À l’inverse, les populations vivant dans des macroclimats plus frais ont tendance à être moins affectées par la déforestation, voire à en tirer profit, car les températures microclimatiques se rapprochent de valeurs plus optimales. Nos résultats offrent un cadre fondé sur des données empiriques pour les modèles de biodiversité qui vont au-delà des réponses fixes des espèces et intègrent les interactions entre la température et l'évolution de l'occupation des sols.
Antoine Brin et Hervé Brustel, tous 2 enseignants-chercheurs en écologie à l'Ecole d'Ingénieurs de Purpan et membres du laboratoire Dynafor sont co-auteurs d'un nouvel article sur des données sur les coléoptères du chêne collectées dans 28 sites répartis en Europe, en Turquie et en Israël et publié dans la revue Insect Conservation and Diversity.
Franzén, M., Jansson, N., Avci, M., Brin, A., Brustel, H., Budka, J. et al. (2026) Taxonomic and methodological biases in saproxylic beetles: Body size, trophic group and detection probability. Insect Conservation and Diversity, 1–8. https://doi.org/10.1111/icad.70122

Abstract:
Smaller insect species are routinely described later than larger species, perpetuating the Linnean shortfall.
Using 425 saproxylic beetle species from 28 veteran oak sites, we test whether body size varied with year of description and earliest georeferenced record year, and whether body length predicted detection probability.
Linear models show a significant negative relationship between body length and both year of description (β = −0.00063 ± 0.00021 SE, p = 0.003) and earliest georeferenced year (β = −0.00057 ± 0.00024 SE, p = 0.016).
Single-season occupancy models reveal only a marginal size effect on detection (β = −0.021, p = 0.055); instead, the trophic group drives variation, with sapro-xylophagous species detected most readily.
Fourteen species remain undescribed, and 29% lack any georeferenced record, highlighting combined Linnean and Wallacean shortfalls.
Historical taxonomic bias towards conspicuous species and methodological undersampling of specific trophic guilds together impede accurate biodiversity assessment.
We recommend integrated taxonomic revision, diversified trapping protocols and trait-based occupancy models to rectify these biases and improve conservation planning.
Résumé:
1. L’écart entre le nombre réel d’espèces et le nombre officiellement répertorié est un des enjeux forts de connaissance pour la biologie de la conservation. On parle de déficit linnéen. Ce déficit peut être lié à la taille corporelle des espèces qui influence sur leur détectabilité; les espèces petites étant généralement décrites plus tardivement que les espèces de plus grande taille. La détectabilité des espèces peut également être à l’origine d’un déficit de connaissance sur leur distribution spatiale. Il s’agit du déficit wallacéen.
2. À partir de 425 espèces de coléoptères saproxyliques provenant de 28 sites contenant des vieux chênes, nous avons cherché à déterminer si la taille corporelle variait en fonction de l’année de description et de l’année de la première observation géoréférencée, et si la longueur corporelle permettait de prédire la probabilité de détection.
3. Les modèles linéaires montrent une relation négative significative entre la longueur corporelle et l’année de description ainsi que l’année la plus ancienne géoréférencée.
4. Les modèles d'occupation sur une seule saison ne révèlent qu'un effet marginal de la taille sur la détection. C'est plutôt le groupe trophique qui détermine les variations observées ; les espèces saproxylophages étant les plus facilement détectées.
5. Quatorze espèces restent à décrire, et près d’1/3 ne disposent d’aucune donnée géoréférencée. Ce groupe d’espèces est donc clairement concernés par les déficits linéen et wallacéen.
6. Le biais taxonomique historique en faveur des espèces les plus grandes, et donc les plus visibles, et le sous-échantillonnage de certaines guildes trophiques constituent un obstacle à une évaluation précise de la biodiversité.
7. Nous recommandons une révision taxonomique intégrée, des protocoles de piégeage diversifiés et des modèles d’occupation basés sur les traits biologiques afin de corriger ces biais et d’améliorer la conservation de la biodiversité.


















