Par François Prud'homme (Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées, ingénieur transfert à Dynafor 2023-2025).

Les politiques de conservation de la nature se tournent beaucoup vers les agriculteurs, et les éleveurs en particulier, pour la protection des écosystèmes prairiaux. Le nécessaire dialogue entre l'agriculteur et l'écologue n'est cependant pas toujours facile car l'angle de vue sur l'herbe n'est pas le même. Floreal2 propose de croiser les regards et donner des éléments descriptifs de la qualité agronomique et écologique des herbages pour entamer un dialogue de gestion sur la base du relevé de la végétation de la prairie. L'application est disponible sur les stores Android et permet une analyse en direct sur la parcelle avec l'agriculteur. Les indicateurs fournis peuvent cependant être mobilisés au-delà de ce dialogue comme indicateurs de diagnostics ou de suivis à l'échelle des exploitations, des territoires ou des politiques publiques.
Manon Collard et David Sheeren ont assisté au colloque international SilviLaser 2025 qui s'est tenu du 29 septembre au 3 octobre dans la ville de Québec au Canada. Manon y a présenté une communication orale sur les premiers résultats concernant la prédiction et spatialisation de l'IBP (indice de biodiversité potentielle) à partir de données de télédétection (notamment LiDAR). Il s'agit du travail débuté en stage de master 2 en 2024 et qu'elle va poursuivre en thèse au sein du laboratoire Dynafor.
Collard M., Martin O., Mellado N., Sheeren D (2025): Predicting the Index of Biodiversity Potential (IBP) of forest habitats from airborne LiDAR data: first results. In session Lidar for Biodiversity, habitat and ecological insights. Colloque SilviLaser 2025, 29 sept-3 octobre, Québec, Canada.

La conférence elle-même a été l'occasion de rencontrer la communauté internationale de chercheurs qui étudie les différentes applications du LiDAR (aérien, spatiale ou terrestre) aux milieux arborés. Les applications possibles sont variées: inventaires forestiers, reconstruction précise des arbres pour l’estimation de leur volume à des fins industrielles, mais aussi quantification du carbone, modélisation pour la prévention des feux de forêt, utilisation des données LiDAR comme indicateur de caractéristiques écologiques et de fonctions de la forêt... C'était la 20ème édition de cette conférence bisannuelle, organisée par l'Université de Laval.
Abstract:
Context: The Index of Biodiversity Potential (IBP) assesses the forest stand's capacity to host species through 10 structural and compositional factors. Widely used by French forest managers, it relies on in-situ surveys, limiting its large-scale application. While LiDAR-derived metrics can finely characterize forest structures, their relationship with the IBP remains unexplored.
Aims: We aimed to study the relationship between variables derived from airborne LiDAR data and the IBP factors, some of which reflect forest structure such as the number of large trees and vertical strata. We investigated the large-scale predictability of the IBP in French temperate forests using these LiDAR-based variables.
Methods : Using a dataset of 1750 1-hectare IBP field plots scattered across France, we computed several metrics from LiDAR and satellite optical imagery describing vertical and horizontal forest structure. We then explored the statistical relationships between these metrics and the IBP management factors. Predictive models were calibrated and evaluated using both regression and classification machine learning algorithms. Finally, the IBP was mapped for the first time over a 890 km² area within the forests of the Ariège Pyrenees Regional Natural Park (France).
Results and key outcomes: The results showed significant relationships between, for instance, the LiDAR-derived canopy cover and the IBP openness factor, emphasizing the relevance of LiDAR data for describing structural field metrics and predicting IBP at large scales. With an RMSE of 5.24 ± 0.63, our best model predicts IBP within 5 points, a threshold beyond which IBP variations are linked to actual changes in species richness within the forest stand. This demonstrates that the model’s accuracy is sufficient for operational monitoring of stand biodiversity and suggests the potential for predicting this habitat quality indicator on a national scale.
Dernière mise à jour : 6 janv.
Lisa Darmet a soutenu sa thèse le mercredi 17 décembre à 14h à Inrae site Castanet-Tolosan-Toulouse (salle de conférence Marc Ridet, Bâtiment SDAR à l'accueil). La soutenance ouverte au public s'est déroulée en présentiel et en visioconférence.

La thèse est intitulée: "Il faudrait inventer des carottes avec des cornes" : discours et tensions autour d’une juste évolution des agricultures et des paysages de montagne.
Composition du jury :
Marie Houdart (Chargée de recherche, INRAE) : rapporteure
Laurent Rieutort (Professeur, Université de Clermont Auvergne) : rapporteur
Valérie Deldrève (Directrice de recherche, INRAE) : examinatrice
Coline Perrin (Directrice de recherche, INRAE) : examinatrice
Corinne Eychenne (Maître de conférence) : examinatrice
Direction de thèse :
Cécile Barnaud (Chargée de recherche, UMR Dynafor, INRAE),
Brendan Coolsaet (Professeur, UCLouvain)
Financeurs : département ACT, INRAE et région Occitanie.
Résumé :
L’agriculture est à la fois l’un des secteurs les plus vulnérables aux dégradations environnementales (changement climatique, perte de biodiversité, etc.) et l’un de ceux qui y contribuent le plus. Dans ce contexte, certaines formes d’agriculture sont soutenues et subventionnées pour leur caractère vertueux en matière d’environnement. C’est le cas du pastoralisme, une forme d’élevage extensif qui utilise les ressources fourragères spontanées des espaces naturels pour l’alimentation des troupeaux.
Malgré le soutien institutionnel dont il bénéficie, le pastoralisme est au cœur de débats sur l’avenir de l’agriculture de montagne. Les enjeux liés au changement climatique, dans lesquels la réduction de l’élevage et la reforestation sont mises en avant comme leviers d’atténuation, peuvent entrer en contradiction avec les représentations du pastoralisme comme pratique vertueuse. Par ailleurs, les enjeux de relocalisation de l’alimentation questionnent la spécialisation de ces territoires dans l’élevage, ainsi que la place aujourd’hui marginale de productions alternatives comme le maraîchage.
Peu d’études se sont intéressées à la manière dont ces différents enjeux environnementaux de l’agriculture s’articulent dans les représentations de celles et ceux qui vivent et travaillent dans ces territoires de montagne. À partir d’un site d’étude situé dans les Pyrénées Ariégeoises, cette thèse explore ces tensions en analysant les discours des acteurs locaux sur les évolutions souhaitées de l’agriculture de montagne, au prisme de la justice environnementale.
L’étude met en évidence plusieurs discours promouvant une diversité de pratiques pastorales et de modèles agricoles, qui s’expriment notamment à travers différents attachements aux paysages façonnés par l’agriculture. Ces discours s’accompagnent de différentes revendications de justice, notamment autour de la reconnaissance de la légitimité des divers modèles et pratiques agricoles, qui bénéficient de soutiens institutionnels hétérogènes. Les tensions entre ces visions contrastées de l’évolution souhaitée de l’agriculture de montagne se cristallisent particulièrement autour de l’accès au foncier, qui conditionne directement les possibilités d’installation, de maintien et de transformation des modèles agricoles. La thèse analyse également les injustices foncières mises en avant dans les discours, ainsi qu’une initiative locale de gouvernance concertée d’une partie du foncier d’une commune.
À travers cette analyse, la thèse souligne l’importance de reconnaître la diversité des conceptions d’une "juste" évolution de l’agriculture et des paysages de montagne, ainsi que les inégalités structurelles qui les traversent, pour penser les trajectoires agricoles et paysagères des milieux ruraux face aux enjeux environnementaux.






















