Par Emmanuelle Cano (ingénieure, responsable du plateau technique de l'université de Picardie Jules Verne (UPJV)).

L’UMR EDYSAN de l’Université de Picardie Jules Verne (UPJV) s’intéresse aux effets des changements dits «globaux» sur les écosystèmes et les agrosystèmes. Ses thèmes de recherche se déclinent notamment sur les problématiques d’écologie fonctionnelle des néo-écosystèmes forestiers et d’écologie historique des forêts et des paysages. La caractérisation spatiale de la végétation et du sol, sous forme de modèles numériques en 3D, contribue de façon transversale et importante à l’ensemble de ces travaux, ainsi qu’en recherche archéologique et pour l’étude des agrosystèmes. Dans le cadre des CPER ECRIN et ANAMORPHOSE, EDYSAN a souhaité se doter d’un plateau technique équipé d’un LiDAR embarqué par drone ainsi que d’un LiDAR terrestre. Ces outils sont également exploités par l’UPJV en recherche historique et archéologique et pour l’étude des agrosystèmes.
Cette présentation synthétique propose une vision globale de l'ensemble des caractéristiques techniques, contraintes et besoins méthodologiques inhérents aux missions d'acquisition et d'exploitation de données issues de ces capteurs, ainsi que quelques exemples d’applications dans le cadre des recherches de l’UPJV.
Catherine Bonnet, Fabien Laroche et Marc Deconchat ont assisté à cet atelier sur l'étude de la dynamique de la biodiversité et fonctionnement écologique aux interfaces entre habitats terrestres et/ou aquatiques, organisé à Lyon du 24 au 25 novembre 2025 par le métaprogramme INRAE BIOSEFAIR. L’objectif était de favoriser les interactions entre équipes INRAE travaillant autour de ces questions, d’identifier la complémentarité de leurs approches et de réfléchir à l’émergence d’idées et de projets nouveaux. Après une séance dédiée à la théorie et aux concepts relatifs aux interfaces écologiques et aux méta-écosystèmes, quatre séances seront consacrées à des applications concrètes, couvrant les milieux terrestres, aquatiques et souterrains. Enfin, une session « atelier » permettra aux participants de réfléchir aux fronts de sciences et à la manière d'encourager les travaux sur ces objets d'étude, notamment entre départements INRAE.
Marc Deconchat y a présenté une communication orale intitulée "Cadres et méthodes pour étudier les effets de lisières forestières sur biodiversité" tandis que Fabien Laroche y a présenté un poster sur les recherches sur les interfaces paysagères en 2026 à Dynafor vues par l'axe scientifique Funk (sur les représentations et fonctionnement écologique des paysages agriforestiers) du laboratoire.

Laurent Larrieu et Lionel Valladares sont co-auteurs d'un article publié dans la revue Journal of Archaeological Science: Reports dans le cadre du doctorat de Sarah Parrilla et de l'ANR JCJC Bendys. Ce nouvel article est en partie relié à celui de Py et al. (2025) précédemment publié dans la même revue. L’idée dans cet article était d’évaluer la possibilité d’utiliser les restes d'insectes conservés dans les sols pour compléter l’information apportée par les charbons de bois dans le travail de reconstruction à haute résolution spatiale des trajectoires forestières pendant l'Holocène.
Parrilla S., Saulnier M., Larrieu L., Valladares L., Pescini V., More, P., Py-Saragaglia, V. (2026). Can subfossil insects complement pedoanthracology in reconstructing the past trajectories of old-growth forests? A study case from the Northern Central Pyrenees (France). Journal of Archaeological Science: Reports 69: 105495.https://doi.org/10.1016/j.jasrep.2025.105495

Abstract:
The presence of insect remains preserved in soils has the potential to serve as a complementary proxy to charcoal, facilitating the reconstruction of Holocene forest trajectories at high spatial resolution. Six pits were dug at three old-growth forest sites (two per site) in the Central Pyrenees (France). Insect remains and charcoal were collected in each soil layer, following the pedoanthracological method usually conducted in similar mountain contexts. Radiocarbon dating was performed on a selection of both insects and charcoal, and a time-since-death index was developed to evaluate the degradation stage and relative age of the insect remains. Insect remains were present in most layers, but were more abundant in the upper ones, as with charcoal. Whereas radiocarbon dating did not work on individual insect remains, the time-since-death index showed a consistent relationship between increasing degradation and increasing depth. Saproxylic beetles, which are key indicators of the maturity of old-growth forests, were poorly preserved in the soils studied, but some of the other beetles identified at genus or species level provided useful information on past forest openness.
Résumé:
La présence de restes d'insectes conservés dans les sols peut servir de proxy complémentaire au charbon de bois, facilitant la reconstruction des trajectoires forestières de l'Holocène à haute résolution spatiale. Six fosses ont été creusées sur trois sites de vieilles forêts (deux par site) dans les Pyrénées centrales (France). Des restes d'insectes et du charbon de bois ont été collectés dans chaque niveau de sol, selon la méthode pédoanthracologique habituellement utilisée dans des contextes montagnards similaires. Des datations au radiocarbone ont été effectuées sur une sélection d'insectes et de charbon de bois, et un indice de dégradation post-mortem (DPM) a été développé pour évaluer le stade de dégradation et l'âge relatif des restes d'insectes. Des restes d'insectes étaient présents dans la plupart des couches, mais étaient plus abondants dans les couches supérieures, comme pour le charbon de bois. Alors que la datation au radiocarbone n'a pas fonctionné sur les restes d'insectes individuels, le DPM a montré une relation cohérente entre l'augmentation de la dégradation des sclérites et l'augmentation de la profondeur. Les coléoptères saproxyliques, qui sont des indicateurs clés de la maturité des vieilles forêts, étaient mal conservés dans les sols étudiés, mais certains des autres coléoptères identifiés au niveau du genre ou de l'espèce ont fourni des informations utiles sur l'ouverture passée de la forêt.
Pour plus de détails, veuillez noter la soutenance de thèse de Sarah Parrilla prévue le 17 décembre 2025 à l'université Jean Jaurès Toulouse:
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