Clélia Sirami a participé à un article dans le cadre du projet européen Agroecology-Transect, publié dans la revue en accès libre People and Nature regroupant un grand nombre de collègues en Europe sur le rôle de la science et des scientifiques dans les débats publics sur les politiques environnementales : le cas des règlements européens sur les pesticides et la restauration de la nature.
Pe'er, G.; Kachler, J.; Herzon, I.; (...).; Settele, J.; Sirami, C.; Dam, N.;, Wittmer, H.; Bonn A. (2025). Role of science and scientists in public environmental policy debates: The case of EU agrochemical and Nature Restoration Regulations. People and Nature. DOI: 10.1002/pan3.70064

Abstract:
Halting biodiversity loss, mitigating global warming and maintaining the long‐term viability of rural and urban areas requires urgent policy action. However, environmental policies often trigger resistance and highly polarised public debates, with some actors employing pseudo‐scientific claims. This raises concern about the increasing impact of misinformation on policymaking. Here, we analyse the role of science and scientists in the public debate around two pieces of legislation that were proposed in 2022 by the European Commission as part of the Green Deal, namely the Nature Restoration Regulation (NRR) and the Sustainable Use Regulation (SUR) of plant protection products. First, we examine key claims against these two legislative proposals and contrast them with scientific evidence. We show that these claims fail to consider ample scientific evidence that restoring nature and reducing the use of agrochemicals are essential for maintaining long‐term agricultural production and enhancing food security. Critics further failed to acknowledge that the NRR and SUR may generate new employment opportunities and stimulate innovation, with high return rates and multiple beneficiaries across society, fostering a transition to sustainable production and consumption models. Second, we examine how the publication of an open letter, signed by 6000 scientists, may have influenced the public debate. We contrast the role that scientific evidence played in the fate of the NRR, which was adopted, against the fate of the SUR, which was rejected by the European Parliament. We draw lessons from these two cases that illustrate the global tension between environmental protection and economic‐driven interests to spread misinformation. We argue that scientists should play an important role in making scientific evidence more accessible and available to the general public and policymakers for informed decision‐making. We recommend that scientists be proactive and unbiased in providing information and data and that policymakers use scientific evidence and engage scientists in developing much needed, well informed environmental policies.
Résumé:
Mettre un terme à la perte de biodiversité, atténuer le réchauffement climatique et préserver la viabilité à long terme des zones rurales et urbaines nécessitent une action politique urgente. Cependant, les politiques environnementales suscitent souvent des résistances et des débats publics très polarisés, certains acteurs recourant à des arguments pseudo-scientifiques. Cela suscite des inquiétudes quant à l'impact croissant de la désinformation sur l'élaboration des politiques. Nous avons analysé le rôle de la science et des scientifiques dans le débat public autour de deux textes législatifs proposés en 2022 par la Commission européenne dans le cadre du Pacte vert, à savoir le Règlement sur la Restauration de la Nature (NRR) et le Règlement sur l'Utilisation Durable des pesticides (SUR). Nous examinons d'abord les principaux arguments avancés contre ces deux propositions législatives et les confrontons aux connaissances scientifiques. Nous démontrons que ces arguments ne tiennent pas compte des nombreuses connaissances scientifiques démontrant que la restauration de la nature et la réduction de l'utilisation des pesticides sont essentielles au maintien de la production agricole à long terme et à l'amélioration de la sécurité alimentaire. Les critiques occultent également le fait que le NRR et le SUR peuvent créer de nouvelles opportunités d'emploi et stimuler l'innovation, avec des taux de rendement élevés et de multiples bénéficiaires dans la société, favorisant ainsi une transition vers des modèles de production et de consommation plus durables. Deuxièmement, nous examinons comment la publication d'une lettre ouverte, signée par 6 000 scientifiques, a pu influencer le débat public. Nous comparons le rôle des connaissances scientifiques dans l'adoption du règlement NRR, à celui du règlement SUR, rejeté par le Parlement européen. Nous tirons des enseignements de ces deux cas, qui illustrent la tension générale entre les enjeux associés à la protection de l'environnement et les enjeux économiques associés à la désinformation. Nous soutenons que les scientifiques peuvent jouer un rôle plus important pour rendre les connaissances scientifiques plus accessibles au grand public et aux décideurs politiques. Nous recommandons aux scientifiques de faire preuve de proactivité et d'impartialité dans la diffusion des informations et des données, et aux décideurs politiques d'utiliser les preuves scientifiques afin d’élaborer les politiques environnementales nécessaires de façon éclairée.
Par Eléonore de Lambertye (étudiante à AgroParisTech)

Sols couverts d'Espoir est un documentaire de 60 minutes, fruit d’un voyage de 5 mois à travers 8 exploitations européennes, réalisé par Eléonore de Lambertye, étudiante à AgroParisTech, pendant son année de césure. Face à l’érosion des sols, aux sécheresses suivies d'inondations violentes, et à l’effondrement de la biodiversité, certains agriculteurs ont pris du recul sur ce constat inquiétant et expérimentent des pratiques visant à régénérer les sols, restaurer la biodiversité et préserver le cycle de l’eau, grâce à des pratiques parfois innovantes mais également parfois issues de savoir-faire ancestraux. Le film donne la parole à ces femmes et hommes qui nous nourrissent, mais aussi à des scientifiques de renom (dont Aude Vialatte, DYNAFOR), pour croiser les regards et explorer des solutions concrètes, porteurs d’espoir pour notre souveraineté alimentaire et les générations futures.
Dernière mise à jour : 27 juin 2025
Anouk Glad, post-doctorante à Dynafor, a publié avec les collègues, Emilie Andrieu, David Sheeren et Annie Ouin ainsi que des partenaires de l'entreprise TerrOïko, un article paru dans la revue Ecological Modelling sur le développement d'un nouveau modèle individu-centré dénommé SimOïko_CPF pour pallier à certaines des limites des modèles actuels des mouvements de prospection des abeilles sauvages.
Glad A. , Moulherat S. , Andrieu E., Moulherat M., Sheeren D., Ouin A. (2025) Improved central place foraging modeling: importance of landscape context and modeling strategies in the case of a French sweat bee. Ecological Modelling, Volume 508, 111208, ISSN 0304-3800, https://doi.org/10.1016/j.ecolmodel.2025.111208.

Abstract: Insect pollinators, including wild bees, contribute to the pollination of >90 % of wild flowering plants. A realistic simulation of their movements during foraging behaviour is essential to predict their pollination capability. The aim of this study was to develop a new individual based model called SimOïko_CPF to tackle some of the limitations of current models of wild bees’ foraging movement. Its performance was compared with a distance decay model: InVEST crop pollination (InVEST_Poll). For central-based foraging species like wild bees, the SimOïko_CPF model makes it possible to use the SMS algorithm as a support for the movements of individuals during foraging. The SimOïko_CPF model increases the capability to model the interactions between individuals and their landscape components such as physical friction, the attractiveness of floral resources, and collection probability. Sensitivity analysis of the parameterization of the species’ life-history traits performed in this study highlights the importance of two parameters in the landscape visitation: the spatial short-term memory size, and the resource collection probability. The two models were used to simulates the foraging pattern of a small species of wild bee (Lasioglossum marginatum). The outputs of the two models showed similar correlations with the capture data. The comparison between SimOïko_CPF and InVEST_Poll revealed discrepancies in the simulated foraging patterns on virtual landscapes varying in patch size, aggregation and composition. It’s showing that SimOïko_CPF can be use in various heterogenous landscapes and allows the investigation of a large set of parameters including the effect of physical friction and resource attractiveness.
Résumé: Les insectes pollinisateurs, y compris les abeilles sauvages, contribuent à la pollinisation de plus de 90 % des plantes à fleurs sauvages. Une simulation réaliste de leurs mouvements de prospection pour les ressources florales est essentielle pour prédire leur capacité de pollinisation. L'objectif de cette étude était de développer un nouveau modèle individu-centré dénommé SimOïko_CPF pour pallier à certaines des limites des modèles actuels des mouvements de prospection des abeilles sauvages. Ses performances ont été comparées à celles d'un modèle de distance décroissante : InVEST crop pollination (InVEST_Poll). Les abeilles sauvages et domestiques étant des pollinisateurs centraux, qui reviennent déposer leur récolte à leur nid. Le modèle SimOïko_CPF permet d'utiliser l'algorithme SMS associé à un module de déplacement central « Central Place Forager » (CPF) pour modéliser les déplacements des individus. Le modèle SimOïko_CPF permet d’intégrer les interactions entre les individus et les composantes du paysage telles que les frottements physiques, l'attractivité des ressources florales et la probabilité de collecte. L'analyse de sensibilité de plusieurs paramètres met en évidence l'importance de deux paramètres dans la fréquentation du paysage : la taille de la mémoire spatiale à court terme du déplacement et la probabilité de collecte des ressources. Les deux modèles ont été utilisés pour simuler les déplacements de prospection d’une abeille sauvage (Lasioglossum marginatum). Les résultats des deux modèles ont montré des corrélations similaires avec les données de capture dans la zone d’étude. La comparaison des résultats entre SimOïko_CPF et InVEST_Poll simulés sur des paysages virtuels variant en taille, agrégation et composition des patchs a révélé des divergences spatiales de fréquentation. Nos résultats indiquent que SimOïko_CPF peut être utilisé dans divers paysages hétérogènes et permet l'étude d'un grand nombre de paramètres, y compris l'effet de la friction physique et de l'attractivité des ressources.


















