Axelle Tortosa, chercheure en post-doctorat à Dynafor est l'autrice principale d'un nouvel article publié avec d'autres collègues chercheurs dans la revue Soil Biology and Biochemistry qui vise à étudier si et comment les patrons de biodiversité covarient entre les différents taxons du sol à travers des écosystèmes variés.
Tortosa, A.; Freschet, G.; Trap, J.; Brauman, A.; Capowiez, Y.; Coq, S.; Félix-Faure, J. (...); Hättenschwiler, S. (2026). Biodiversity co-variation patterns in a range of soil organism taxa across highly contrasting ecosystems. Soil Biology and Biochemistry. 110093. 10.1016/j.soilbio.2026.110093.

Abstract:
Soil biodiversity as a critical component of terrestrial ecosystems and their functioning varies across spatial scales and environmental conditions. However, it remains unclear whether and how biodiversity patterns co-vary among different soil taxa across ecosystems. In this study, we compared diversity patterns of plants, earthworms, nematodes, bacteria, and fungi, as five major groups of soil organisms, across five strongly contrasting ecosystems ranging from mountain peatland to crop fields, including within-ecosystem variation in soil moisture. We hypothesized co-variation in taxonomic richness (alpha diversity) and composition (beta diversity) of multiple groups of soil organisms across ecosystems, moisture conditions and spatial scales. In partial contrast to our initial hypothesis, co-variation in the taxonomic richness among these groups was limited, though significant positive associations were found among bacteria, fungi, and earthworms across all sites. Beta diversity showed substantial co-variation among all soil organism groups, reflecting a spatial coupling of their communities. These patterns were more pronounced in near-natural and no-till agroecosystems compared to conventional agricultural systems. Our results highlight that ecosystem type shapes broad-scale taxonomic richness, while local soil moisture critically influences soil diversity and spatial community composition, emphasizing the multi-scale drivers of soil biodiversity.
Résumé:
La biodiversité des sols, composante essentielle des écosystèmes terrestres et de leur fonctionnement, varie selon les échelles spatiales et les conditions environnementales. Cependant, on ne sait toujours pas si et comment les patrons de biodiversité covarient entre les différents taxons du sol à travers les écosystèmes. Dans cette étude, nous avons comparé des patrons de diversité de cinq principaux groupes d’organismes du sol (plantes, vers de terre, nématodes, bactéries et champignons) dans six écosystèmes très contrastés, allant de la tourbière de montagne aux champs cultivés, y compris en fonction de variations de l'humidité du sol.
Nous avons émis l'hypothèse d'une covariation de la richesse taxonomique (diversité alpha) et de la composition (diversité bêta) de plusieurs groupes d'organismes du sol entre les écosystèmes, les conditions d'humidité et les échelles spatiales. Contrairement à notre hypothèse initiale, la covariation de la richesse taxonomique entre ces groupes était limitée, bien que des associations positives significatives aient été observées entre les bactéries, les champignons et les vers de terre sur tous les sites. La diversité végétale présentait des associations distinctes avec la diversité d’autres organismes du sol, en particulier avec les vers de terre et les bactéries, soulignant les liens entre la biodiversité aérienne et souterraine. L’analyse de la diversité bêta a montré une covariation substantielle entre tous les groupes d'organismes du sol, reflétant un couplage spatial de leurs communautés influencé par les différences dans les conditions d'humidité du sol. Ces tendances étaient plus prononcées dans les écosystèmes semi-naturels et agroécosystèmes sans labour plutôt que dans les systèmes agricoles conventionnels. Nos résultats soulignent que le type d'écosystème façonne la richesse taxonomique à grande échelle, tandis que l'humidité locale du sol influence de manière critique la biodiversité du sol et la composition spatiale des communautés, mettant en évidence les facteurs multi-échelles de la biodiversité du sol.
Par Houda Benkhalifa (doctorante à l’université Cadi Ayyad, Marrakech, accueillie en séjour doctoral court à l’UMR Genphyse, Inrae Toulouse).

La préservation des espèces constituant un réseau est une condition préalable indispensable à la conservation du réseau lui-même. Ce lien, bien qu’établi depuis longtemps, demeure largement méconnu. Grâce à ses caractéristiques climatiques et écologiques, le Maroc représente un hotspot majeur de biodiversité végétale qu’animale, ce qui favorise une grande richesse en pollinisateurs, en particulier chez les abeilles solitaires. Dans leur monographie récente, Lhomme et al. (2020) recensent un total de 961 espèces d’abeilles solitaires, dont 81 sont endémiques, plaçant le Maroc au cinquième rang des pays les plus riches en espèces du bassin méditerranéen. Ce hotspot subit toutefois de nombreuses pressions anthropiques : fragmentation des habitats, pollution (traitements chimiques, anciens sites industriels), pratiques agricoles (pâturage) et changement climatique, qui affectent l’ensemble de la faune, notamment dans les milieux agricoles. Les particularités biologiques de l’apidofaune marocaine recèlent encore de nombreuses connaissances à découvrir. Dans cette perspective scientifique, l’analyse de la diversité, de l’abondance et des réseaux d’interactions apparaît comme un indicateur écologique essentiel, permettant de quantifier les interactions entre plantes et pollinisateurs dans différents contextes (milieu naturel, agroécosystèmes biologiques et conventionnels). Ces données contribueront à améliorer notre compréhension du régime alimentaire, du degré de spécialisation et des préférences des abeilles solitaires, tout en offrant un éclairage sur la manière dont les changements environnementaux influencent la stabilité et la résilience de ces réseaux.
Laurent Larrieu est co-auteur d'un datapaper sur les données d’accroissements radiaux du tronc et des branches de Pinus brutia Ten., Cupressus sempervirens L. et Quercus pubescens Willd. subsp. pubescens en Crète, pour l'analyse dendro- et anthraco-typologique et publié dans la revue Data in Brief.
Levillain L., Saulnier M., Dufraisse A., Larrieu L., Ntinou M., Py-Saragaglia V. (2026). Trunk- and branch- data derived radial increments of Pinus brutia Ten., Cupressus sempervirens L., and Quercus pubescens Willd. subsp. pubescens from Crete for dendro- and anthraco-typological analysis. Data in Brief, 64, https://doi.org/10.1016/j.dib.2025.112307

Dans le cadre de recherches archéologiques sur l’usage du bois comme un élément essentiel de l'architecture de l'âge du bronze égéen (utilisation dans les murs, toits et renforts structurels verticaux), l’idée de base était : (i) de développer une méthode permettant d'identifier la position initiale du bois dans l'arbre (tronc ou branche) à l'aide des cernes de croissance, et (ii) d’évaluer les effets de la carbonisation sur le retrait radial. Pour établir ces références, les auteurs se sont concentrés sur la Crète, où les données anthracologiques sont les plus abondantes et ont sélectionné trois espèces principales, Pinus brutia, Cupressus sempervirens et Quercus pubescens.
Ces données constituent les premières références anatomiques spécifiques à chaque essence, permettant de distinguer le bois issu du tronc et celui issu des branches sur la base de la largeur des cernes. L'ensemble de données soutient des applications en dendrochronologie, en anthracologie et en reconstitution de l'utilisation du bois, y compris l'identification des pratiques d'exploitation forestière sélective ou de gestion du combustible. Ce dernier aspect ouvre des perspectives pour mieux évaluer les pratiques anciennes d’exploitation, dans le cadre d’études d’écologie historique.
Abstract:
This dataset provides tree-ring width series for three key Mediterranean tree species that were commonly used in Aegean Bronze Age architecture: Pinus brutia Ten. (Turkish pine), Cupressus sempervirens L. (Mediterranean cypress), and Quercus pubescens Willd. subsp. pubescens (Downy oak). The dataset, which was collected from well-characterised forest stands in eastern Crete, includes measurements from both trunk and branch slices. A subset of branch samples was experimentally carbonised to quantify radial shrinkage, a critical correction factor for analysing archaeological charcoal. Together, these data offer the first species-specific anatomical references for distinguishing trunk- and branch-derived wood on the basis of tree-ring width. The dataset supports applications in dendrochronology, anthracology, and wood-use reconstruction, including the identification of selective logging or fuel-management practices. It also includes R scripts for applying a generalised linear model to identify the anatomical origin of archaeological wood remains. Chronologies span up to 155 years for cypress, 130 years for pine, and 55 years for oak. While the pine and oak trunk chronologies have provided reliable crossdating, the cypress chronologies and branch datasets are more suitable for anthraco-typological analysis, i.e. for differentiating branch and trunk wood based on anatomical and growth-ring features. Nevertheless, correcting the cypress series on the basis of a robust chronology will provide an insightful growth ring chronology for Crete.


















