Par Julien Blanco (Unité SENS, IRD, Montpellier) & François Calatayud (UMR DYNAFOR)

Compte tenu des défis relatifs à l'environnement et à la durabilité auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, la nécessité d'une approche interdisciplinaire, science-société, fait de plus en plus consensus. Cependant, le développement des domaines de recherche distincts que sont la science de la durabilité (SustSci) et les sciences humaines de l'environnement (EnvHum) est-il nouvel avatar du cloisonnement académique ? Dans cette étude, nous avons réalisé une cartographie scientifique complète de la littérature afin d'explorer le chevauchement ou la compartimentation de ces domaines. Des requêtes standardisées ont été soumises au Web of Science et nous ont permis de rassembler un total de 2076 publications, dont 1678 pour SustSci et 398 pour EnvHum, à partir desquelles nous avons exploré les structures sociales, intellectuelles et conceptuelles des deux domaines. Les résultats indiquent que SustSci et EnvHum sont alimentés par des communautés de recherche distinctes (auteurs et revues distincts) et s'appuient sur des héritages épistémologiques différents. En outre, les résultats ont montré que les deux domaines de recherche se concentrent sur des défis similaires (par exemple, le changement climatique et le déclin de la biodiversité), mais avec des approches contrastées. SustSci combine les sciences naturelles et sociales pour aborder la durabilité comme un problème systémique, tandis qu'EnvHum combine les sciences sociales et humaines pour aborder des questions de rapports de pouvoir et de valeurs. Néanmoins, une analyse complète a suggéré qu'ils partagent également des objectifs clés : combler le fossé nature-culture, transformer les relations sociopolitiques et prendre en compte les valeurs, les affects et les imaginaires. À la lumière de ces résultats, nous discutons enfin des opportunités et des défis d'un enrichissement mutuel entre SustSci et EnvHum autour de ces trois objectifs communs, qui pourraient favoriser une réponse renforcée aux crises auxquelles nous sommes confrontés.
Pour en savoir plus sur cet article : Blanco, J.; Moreau, C.; Carrière, S.M.; Fache E.; Cué Rio M.;Calatayud, F.; Castella, J-C.; Le Meur, P-Y.; Coudel, E; Hervé, D.; Méral, P.; Therville, C. (2024) . Gaps and overlaps between sustainability science and the environmental humanities.Sustainability Science. https://doi.org/10.1007/s11625-024-01596-1
Floriane Clément et Caroline Mouille ont participé au séminaire annuel des animateur.ices de collectifs agricoles d'Occitanie, organisé le 13 mars 2025 à Carcassonne, conjointement par la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF) Occitanie et la Chambre régionale d'Agriculture Occitanie (CRAO). A l'occasion de cette belle journée, elles ont pu partager les analyses obtenues dans le cadre du projet COTERRA concernant les enjeux d'autonomie des agriculteurs, et échanger en ateliers sur les liens possibles entre GIEE et recherche pour la capitalisation des connaissances et expériences. Ce rendez-vous a permis de réaffirmer l'importance de ces collectifs dans l'autonomisation des agriculteur.ices et pour développer les pratiques dites agroécologiques.

Pour en savoir plus:
Par Axelle Tortosa (post-doctorante, UMR Dynafor)

La biodiversité du sol, incluant bactéries, champignons, nématodes, vers de terre et plantes, varie selon les conditions environnementales et les types d’écosystèmes. En comparant cinq sites avec des conditions d’humidité contrastées, nous avons observé que seule la richesse bactérienne était corrélée à celle des champignons et des vers de terre, mais ces associations disparaissaient à l’échelle locale. L’humidité du sol influençait fortement la richesse spécifique et la composition des communautés, avec des effets site- et taxon-spécifiques. La bêta diversité co-variait davantage dans les écosystèmes naturels et plus précisément les covariations entre champignons et bactéries étaient presque toujours maintenues. A l’inverse les réseaux de covariations étaient moins complexes dans les agroécosystèmes. Enfin, les covariations étaient modifiées par les conditions contrastées d’humidité. Nos résultats soulignent l'importance d’une approche multi-échelle pour comprendre les réponses des communautés du sol aux variations environnementales.


















