top of page

Les rencontres d’écologie des paysages organisées à Strasbourg à l’initiative d’Aude Zingraff-Hamed se sont déroulées du 9 au 11 avril dans les superbes locaux de l’ENGESS au centre de Strasbourg.

Les interventions ont été de qualité, avec 5 orateurs et oratrices invitées, la participation de plusieurs collègues européens, et notamment de IALE Europe, 3 ateliers très dynamiques, une soirée splendide avec le film « la rivière invisible » de Serge Dumont, une exposition de superbes photo et un temps d’échange passionnant en table ronde avec des acteurs de la restauration de la biodiversité.

Ce moment important de la vie de la communauté scientifique intéressée par l’écologie des paysages a été une belle occasion d’échanges et de discussions. Chacun et chacune a néanmoins regretté que ces rencontres n’aient pas rencontré plus de succès et attiré plus de monde. L’absence d’une partie significative des incrit·es pose particulièrement question.

Lors de l’assemblée générale du Chapitre IALE-France qui s’est tenue le 10 avril, cette question a été discutée et des pistes ont été proposées. De nouvelles modalités de rencontres verront peut-être le jour dans les années à venir, avec, espérons le, une participation encore plus nombreuses!


Léo Mouillard-Lample et Marc Deconchat de Dynafor étaient présents et ils ont présenté des résultats de leurs travaux.


The emergence of commons: a serious-game to study the emergence of common-good perceptions and collective action to share floral resources among bees and beekeepers

Léo Mouillard-Lample, Axel Decourtye, Christophe Le Page, et Cécile Barnaud


Si l’étude des communs a donné lieu à de nombreuses publications dans la littérature, l’émergence d’action collective suscitée par la perception nouvelle d’une ressource auparavant perçue comme illimitée en tant que bien commun reste peu explorée. La mise en évidence de compétition entre abeilles et la concurrence entre apiculteur.rices font émerger de nouveaux débats sur le partage des ressources florales sur les territoires. Nous étudions ces changements en accompagnant ces discussions sur l’émergence de nouvelles formes d’organisation collective à travers une méthodologie de jeu sérieux. Nous présentons ici le résultat de 6 sessions de jeu à travers la France.




Rôles et gestions de haies et des lisières dans les paysages ruraux

 Marc Deconchat, Catherine Bonnet, Amandine Durpoix, Anne Farruggia, Claudine Thenail


Les espaces arborés dans les paysages ruraux constituent des infrastructures écologiques importantes, notamment par leurs liens avec différents aspects des activités agricoles et d’élevage. Les haies sont plus particulièrement reconnues en tant que composantes agroforestières pouvant jouer des rôles déterminants dans les transitions agroécologiques. D’autres formations arborées linéaires, et notamment les lisières entre les bois et les zones agricoles, ont été bien moins considérées alors qu’elles présentent des similarités avec les haies. A partir d’une analyse systémique et d’enquêtes de terrain, la présentation mettra en évidence les points communs et les différences entre les haies et les lisières en tant qu’infrastructures écologiques arborées linéaires des paysages ruraux, ainsi que la diversité des pratiques de gestion qui les façonnent et déterminent leurs dynamiques respectives. Les résultats montrent que les origines et structures végétales des haies et des lisières sont différentes et résultent de processus qui n’ont pas les mêmes déterminants dans le cas général. Cependant, dans les zones de déprise agricole, d’anciennes haies peuvent devenir des lisières de boisements spontanés sur d’anciennes parcelles agricoles. Par contre, les pratiques de gestion des haies et des lisières par les agriculteurs semblent peu différentes, mobilisant les mêmes techniques et imposant les mêmes contraintes. Cependant, les statuts fonciers des haies et des lisières sont souvent différents et peuvent de ce fait induire des pratiques particulières selon les modalités d’interactions entre les acteurs concernés de part et d’autre. La compréhension de ces différences est nécessaire pour élaborer des projets de développement et d’entretien de ces infrastructures écologiques dans les paysages ruraux, dans la perspective de transitions agroécologiques, en tenant compte concrètement et précisément des besoins, mais aussi des contraintes, des gestionnaires et bénéficiaires de ces espaces. Du fait de leurs rôles écologiques similaires, les haies et les lisières forestières devraient être plus souvent envisagées de façon complémentaires. Elles sont de fait gérées conjointement par les agriculteurs qui appréhendent globalement l’ensemble des interfaces entre leurs parcelles de culture et d’élevage, et les espaces arborés, de haie ou de lisière.  Deux recommandations sont proposées en conclusion : 1) mieux comprendre quelles sont les pratiques effectives de gestion des haies et lisières mise en œuvre par les agriculteurs ; 2) mieux cartographier conjointement les haies et les lisières dans les outils de planification écologique territorialisée.






Laurent Larrieu vient de publier un nouvel article en collaboration avec des collègues de Catalogne Espagnole dans la revue Forest Ecology and Management sur l'évaluation de variables structurelles d’habitat en tant qu'indicateurs robustes de la biodiversité dans les forêts méditerranéennes. Cette étude visait à compléter la calibration pluritaxonomique de l’indice de biodiversité potentielle (IBP) dans le contexte méditerranéen (calibration des facteurs). les auteurs se sont focalisés sur les peuplements dominés par le Pin d’Alep, le Chêne pubescent et le Chêne vert. Les 6 taxa employés pour cette calibration couvrent une large gamme d’exigences écologiques : champignons et coléoptères saproxyliques, oiseaux, chauves-souris, plantes vasculaires et bryophytes épiphytes. Pour les 4 derniers taxa, ils ont constitué des sous-groupes « forestiers ». Les principaux résultats de l'article sont:

• chaque facteur composant l’IBP est lié à au moins un groupe ou sous-groupe taxonomique. Dans le détail, la densité des gros bois morts au sol, l'abondance de dendromicrohabitats, l'ancienneté de l’état boisé et la présence de milieux rocheux sont les facteurs qui présentent le plus grand nombre d'associations;

• les sous-groupes forestiers d'oiseaux, de plantes vasculaires et de bryophytes épiphytes sont davantage liés aux facteurs de l’IBP que les groupes complets correspondants, tandis que les chauves-souris forestières présentent une association similaire ; ces relations diffèrent selon que l'on se regarde la richesse ou l'abondance des espèces.


Rota, M., Piqué, M., Sazatornil, V., Feldman, M. J., Baiges, T., Guixé, D., Larrieu, L., Mundet, R., Pallarés, M., Vayreda, J. & Camprodon, J. (2025). Evaluating habitat structural variables as reliable indicators of biodiversity in Mediterranean forests. Forest Ecology and Management 587: https://doi.org/10.1016/j.foreco.2025.122727.




Abstract:

Sustainable forest management aims to integrate biodiversity conservation while maintaining economic and social functions. However, direct biodiversity monitoring is usually costly and time-consuming, making structural indicators a valuable tool for integrating conservation criteria into forest management. We used the ten habitat structural variables derived from the Index of Biodiversity Potential (IBP), a widely used tool for assessing potential forest biodiversity at the stand scale. This study aims to evaluate the effectiveness of these habitat structural variables as proxy indicators of biodiversity by analysing the relationships between IBP factors and various taxonomic groups, subgroups and ecological guilds in Mediterranean forests. We conducted IBP inventories in 85 plots across 22 stands of different Mediterranean forest types, where we also collected data of six taxonomic groups, four of which were subdivided into forest specialist subgroups. Generalized linear models were employed to test the relationships between habitat structural variables and the richness and abundance of taxonomic groups and subgroups. We found that each habitat structural variable was related with at least one taxonomic group or subgroup. Specifically, the density of logs, the abundance of Tree-related Microhabitats (TreMs), ancientness and the presence of rocky macrohabitats were the habitat structural attributes with most associations. Taxonomic groups showed different responses, ranging from one structural variable (for birds, saproxylic fungi, and bryophytes) and up to four (for forest birds). Forest subgroups of birds, vascular plants and epiphytic bryophytes were more related to structural variables than their corresponding full groups, while forest bats displayed similar associations. However, these relationships differed when focusing on species richness or abundance approaches. Saproxylic ecological guilds, particularly Phloeophagous/ cambiumophagous guild, demonstrated more significant relationships with habitat structural variables than the broader saproxylic beetle assemblage. Our findings highlight that all habitat structural variables contained in the IBP are relevant for biodiversity, but none can be used alone as proxy indicator of forest biodiversity. Therefore, to encompass a wider spectrum of taxa, it is widely recommended to use multiple variables for integrating biodiversity conservation criteria into management planning of the Mediterranean forests.

Laurent Larrieu vient de publier un nouvel article sur les dendromicrohabitats (TreMs) dans la revue Biological Conservation en collaboration avec des collègues allemands de l'European Forest Institute (EFI). Il s’agit d’une revue de littérature pour comprendre comment la littérature scientifique existante sur les TreMs est répartie entre les différents taxa et les différentes échelles spatiales. Les principales hypothèses étaient que (i) la plupart des études se concentrent seulement sur quelques formes de TreM et quelques taxa, oubliant des pans entiers de la biodiversité associée à ces structures et (b) que les différentes échelles spatiales (i.e. l’arbre-habitat, la placette/peuplement, le paysage) ne sont pas représentées de manière égale. Le principal résultat est que les études se sont concentrées sur quelques TreMs, à l’échelle de l’arbre-habitat, et sur seulement quelques groupes taxonomiques qui ne sont pas représentatifs de l'ensemble de la biodiversité. En conclusion, les auteurs :

  • à inclure une plus grande diversité de TreMs et à prendre en compte une diversité de groupes taxonomiques dans les recherches, en particulier ceux qui sont traditionnellement négligés (e.g. les épiphytes, les excroissances et les exsudats pour les TreMs, la meiofaune pour les taxa)

  • à réaliser de futures études pour évaluer l'association de plusieurs groupes taxonomiques avec différents TreMs à plusieurs échelles.

 

Dutta T., Larrieu L., Schuck A. (2025). Who is using tree-related microhabitats (TreMs)? Biological Conservation, 307, https://doi.org/10.1016/j.biocon.2025.111180


Abstract:

Tree-related microhabitats (TreMs) are well-delineated tree structures that provide important resources and refuge to thousands of species. For these reasons, TreMs have been recommended as an indirect indicator of biodiversity in European forests. We conducted a literature review to understand the scale at which different taxonomic groups are associated with TreMs in Europe. Across a pool of 54 papers, we found that TreMs were most frequently studied at the scales of sampling plots (n = 28, 58 %) and individual trees (n = 18, 33 %), and less frequently at the stand scale (n = 5, 9 %). Two studies addressed the landscape scale in addition to the plot and stand scale (n = 1). Birds, saproxylic beetles and bats were the most frequently studied taxonomic groups overall and at the plot scale, whereas amphibians were only studied at the scale of individual trees. Tree cavities were the most frequently studied TreM-form at all scales and were often associated with bats and saproxylic beetles. Crown deadwood and fungal fruiting bodies were associated with saproxylic beetles, and tree injuries were frequently associated with bats. Sample sizes across all TreMs-taxa combinations were low, allowing only descriptive analyses and interpretation. The largest sample size for saproxylic beetles investigated at the plot scale (n = 15) across different TreMs, were found to be significantly associated more than 20 % of the times with tree cavities (33 %), tree injuries (21 %) and fungal fruiting bodies (20 %). We recommend future studies to evaluate species-TreM associations for the poorly studied TreMs such as epiphytic and epixylic structures, excrescences, and exudates, or poorly studied taxa such as meiofauna, and to evaluate multiple scales and taxonomic groups when possible. Our review could also serve as a starting point to consider which taxonomic groups would benefit from those management practices that enhance TreM-associated biodiversity.

 

Posts à l'affiche
Posts Récents
Archives
Rechercher par Tags
bottom of page