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Solène Orrière de l'école d'Ingénieurs de Purpan et membre du laboratoire Dynafor est co-autrice d'un article publié dans la revue Agriculture, Ecosystems & Environment dans lesquels les auteurs ont étudié l'impact d'un système agroforestier méditerranéen de culture en couloirs sur l'abondance, la diversité et la composition des communautés de huit groupes trophiques d'arthropodes, dans le sud de la France.


Vion-Guibert, L., Marsden, C., Degrune,F., Forest, M., Henon, N., Orrière, S. et al (2026). Mediterranean alley-cropping agroforestry modifies arthropod temporal dynamics with divergent effects on trophic groups. Agriculture, Ecosystems & Environment, 2026, 397, pp.110109. ⟨10.1016/j.agee.2025.110109⟩. ⟨hal-05406302⟩



Abstract:

Agroforestry is promoted as a sustainable agricultural practice that enhances biodiversity and ecosystem services, including natural pest control. However, its effects on arthropod communities, particularly across different trophic groups and seasonal dynamics, remain poorly understood. In this study, we assessed the impact of a Mediterranean alley-cropping agroforestry system on the abundance, diversity, and community composition of eight arthropod trophic groups, in Southern France. Using pan traps and pitfall traps, we sampled arthropods in agroforestry alleys and tree rows at three dates in spring 2023 (April, March and May), comparing them to monocultures and tree plantations. After identification, invertebrate taxa were classified into eight trophic groups based on current ecological knowledge. Agroforestry influenced arthropod abundance and diversity, though responses varied among trophic groups. Community composition, as reflected through a Principal Coordinates Analysis, was primarily structured by phenology rather than habitat type, with pronounced seasonal shifts across most trophic groups. Effect size analysis showed that tree rows supported a higher abundance of certain beneficial arthropods, emphasizing their role in agroforestry system function. Further research on multi-trophic interactions and long-term dynamics is needed to optimize agroforestry as a strategy for ecological intensification.


Résumé:

L'agroforesterie est promue comme une pratique agricole durable qui améliore la biodiversité et les services écosystémiques, y compris la lutte naturelle contre les ravageurs. Cependant, ses effets sur les communautés d'arthropodes, en particulier entre les différents groupes trophiques et les dynamiques saisonnières, restent mal compris. Dans cette étude, nous avons évalué l'impact d'un système agroforestier méditerranéen de culture en couloirs sur l'abondance, la diversité et la composition des communautés de huit groupes trophiques d'arthropodes, dans le sud de la France. À l'aide de pièges à cuvette et de pièges à fosse, nous avons prélevé des échantillons d'arthropodes dans des allées agroforestières et des rangées d'arbres à trois dates au printemps 2023 (avril, mars et mai), en les comparant à des monocultures et à des plantations d'arbres. Après identification, les taxons d'invertébrés ont été classés en huit groupes trophiques sur la base des connaissances écologiques actuelles. L'agroforesterie a influencé l'abondance et la diversité des arthropodes, bien que les réponses aient varié selon les groupes trophiques. La composition de la communauté, telle que reflétée par une analyse en coordonnées principales, était principalement structurée par la phénologie plutôt que par le type d'habitat, avec des changements saisonniers prononcés dans la plupart des groupes trophiques. L'analyse de l'ampleur des effets a montré que les rangées d'arbres favorisaient une plus grande abondance de certains arthropodes bénéfiques, soulignant leur rôle dans le fonctionnement du système agroforestier. Des recherches supplémentaires sur les interactions multitrophiques et la dynamique à long terme sont nécessaires pour optimiser l'agroforesterie en tant que stratégie d'intensification écologique.


Axelle Tortosa, chercheure en post-doctorat à Dynafor est l'autrice principale d'un nouvel article publié avec d'autres collègues chercheurs dans la revue Soil Biology and Biochemistry qui vise à étudier si et comment les patrons de biodiversité covarient entre les différents taxons du sol à travers des écosystèmes variés.


Tortosa, A.; Freschet, G.; Trap, J.; Brauman, A.; Capowiez, Y.; Coq, S.; Félix-Faure, J. (...); Hättenschwiler, S. (2026). Biodiversity co-variation patterns in a range of soil organism taxa across highly contrasting ecosystems. Soil Biology and Biochemistry. 110093. 10.1016/j.soilbio.2026.110093.



Abstract:

Soil biodiversity as a critical component of terrestrial ecosystems and their functioning varies across spatial scales and environmental conditions. However, it remains unclear whether and how biodiversity patterns co-vary among different soil taxa across ecosystems. In this study, we compared diversity patterns of plants, earthworms, nematodes, bacteria, and fungi, as five major groups of soil organisms, across five strongly contrasting ecosystems ranging from mountain peatland to crop fields, including within-ecosystem variation in soil moisture. We hypothesized co-variation in taxonomic richness (alpha diversity) and composition (beta diversity) of multiple groups of soil organisms across ecosystems, moisture conditions and spatial scales. In partial contrast to our initial hypothesis, co-variation in the taxonomic richness among these groups was limited, though significant positive associations were found among bacteria, fungi, and earthworms across all sites. Beta diversity showed substantial co-variation among all soil organism groups, reflecting a spatial coupling of their communities. These patterns were more pronounced in near-natural and no-till agroecosystems compared to conventional agricultural systems. Our results highlight that ecosystem type shapes broad-scale taxonomic richness, while local soil moisture critically influences soil diversity and spatial community composition, emphasizing the multi-scale drivers of soil biodiversity.


Résumé:

La biodiversité des sols, composante essentielle des écosystèmes terrestres et de leur fonctionnement, varie selon les échelles spatiales et les conditions environnementales. Cependant, on ne sait toujours pas si et comment les patrons de biodiversité covarient entre les différents taxons du sol à travers les écosystèmes. Dans cette étude, nous avons comparé des patrons de diversité de cinq principaux groupes d’organismes du sol (plantes, vers de terre, nématodes, bactéries et champignons) dans six écosystèmes très contrastés, allant de la tourbière de montagne aux champs cultivés, y compris en fonction de variations de l'humidité du sol.

Nous avons émis l'hypothèse d'une covariation de la richesse taxonomique (diversité alpha) et de la composition (diversité bêta) de plusieurs groupes d'organismes du sol entre les écosystèmes, les conditions d'humidité et les échelles spatiales. Contrairement à notre hypothèse initiale, la covariation de la richesse taxonomique entre ces groupes était limitée, bien que des associations positives significatives aient été observées entre les bactéries, les champignons et les vers de terre sur tous les sites. La diversité végétale présentait des associations distinctes avec la diversité d’autres organismes du sol, en particulier avec les vers de terre et les bactéries, soulignant les liens entre la biodiversité aérienne et souterraine. L’analyse de la diversité bêta a montré une covariation substantielle entre tous les groupes d'organismes du sol, reflétant un couplage spatial de leurs communautés influencé par les différences dans les conditions d'humidité du sol. Ces tendances étaient plus prononcées dans les écosystèmes semi-naturels et agroécosystèmes sans labour plutôt que dans les systèmes agricoles conventionnels. Nos résultats soulignent que le type d'écosystème façonne la richesse taxonomique à grande échelle, tandis que l'humidité locale du sol influence de manière critique la biodiversité du sol et la composition spatiale des communautés, mettant en évidence les facteurs multi-échelles de la biodiversité du sol.

Par Houda Benkhalifa (doctorante à l’université Cadi Ayyad, Marrakech, accueillie en séjour doctoral court à l’UMR Genphyse, Inrae Toulouse).

 

La préservation des espèces constituant un réseau est une condition préalable indispensable à la conservation du réseau lui-même. Ce lien, bien qu’établi depuis longtemps, demeure largement méconnu. Grâce à ses caractéristiques climatiques et écologiques, le Maroc représente un hotspot majeur de biodiversité végétale qu’animale, ce qui favorise une grande richesse en pollinisateurs, en particulier chez les abeilles solitaires. Dans leur monographie récente, Lhomme et al. (2020) recensent un total de 961 espèces d’abeilles solitaires, dont 81 sont endémiques, plaçant le Maroc au cinquième rang des pays les plus riches en espèces du bassin méditerranéen. Ce hotspot subit toutefois de nombreuses pressions anthropiques : fragmentation des habitats, pollution (traitements chimiques, anciens sites industriels), pratiques agricoles (pâturage) et changement climatique, qui affectent l’ensemble de la faune, notamment dans les milieux agricoles. Les particularités biologiques de l’apidofaune marocaine recèlent encore de nombreuses connaissances à découvrir. Dans cette perspective scientifique, l’analyse de la diversité, de l’abondance et des réseaux d’interactions apparaît comme un indicateur écologique essentiel, permettant de quantifier les interactions entre plantes et pollinisateurs dans différents contextes (milieu naturel, agroécosystèmes biologiques et conventionnels). Ces données contribueront à améliorer notre compréhension du régime alimentaire, du degré de spécialisation et des préférences des abeilles solitaires, tout en offrant un éclairage sur la manière dont les changements environnementaux influencent la stabilité et la résilience de ces réseaux.


 

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