Par Laure Martin-Lefevre (doctorante unités CEFE & Dynafor, Montpellier)

La diversité des ressources florales des adventices est essentielle pour les communautés de pollinisateurs. Maintenir les adventices dans les agroécosystèmes pérennes comme les vignobles peut enrichir et diversifier les ressources florales dans les paysages agricoles. Pour préserver le processus de pollinisation et élaborer des stratégies de gestion de la biodiversité, il est crucial de mieux comprendre les déterminants des ressources florales chez les adventices.
Ce projet a pour objectif de quantifier le potentiel des adventices en tant que ressources pour les pollinisateurs sauvages dans les vignobles méditerranéens, en étudiant différentes pratiques viticoles. En Occitanie, nous avons mesuré divers traits fonctionnels floraux des adventices, tels que la phénologie de la floraison, l'attractivité, l'accessibilité des fleurs, et les récompenses offertes, tout en observant les interactions adventices-pollinisateurs à l'aide de transects.
Les résultats montrent que l’intensité des pratiques, notamment l’usage d’herbicides, réduit la quantité et la diversité des ressources florales, tandis que la fauche et la présence d’habitats semi-naturels les augmentent. Les pratiques intensives limitent fortement la diversité des abeilles sauvages, notamment dans les paysages hétérogènes, alors que les pratiques à faible intensité la favorisent davantage dans les paysages diversifiés. Ces résultats soulignent la nécessité de combiner gestion locale et approches à l’échelle du paysage pour préserver la biodiversité en viticulture.
Laurent Larrieu est co-auteur, avec des chercheurs d'Europe du Nord, d'un nouvel article sur l'étude des coupes sélectives de restauration maintenant les dendromicrohabitats dans les chênaies mixtes et publiée dans la revue Forest Ecology and Management.
Torres-García, M. T., Löf, M., Larrieu, L., Schmucker, J., Nordén, B. & Felton, A. (2026). Restorative selective cutting maintains tree-related microhabitats in mixed oak-dominated forests. Forest Ecology and Management 608: https://doi.org/10.1016/j.foreco.2026.123598.

Abstract:
Mixed-species forests in southern Fennoscandia have been subject to deforestation and degradation by land-use changes and intensive forest management. Given the importance of mixed forests for biodiversity and climate change adaptation, it is crucial to conserve remaining patches and manage them in ways that sustain or restore their associated habitats for biodiversity. We evaluated whether restorative selective cutting contributes to forest diversity by fostering tree-related microhabitats (TreMs). We inventoried TreMs on 2346 trees from 42 mixed oak-dominated forests in Sweden and Norway and compared the composition and diversity of TreMs at the plot and tree scale in selective cutting stands (25 % basal area removed 7 or 21 years ago, cutting conifers preferably and opening the space around large deciduous trees) and control stands (no recent intervention). At the tree scale, higher TreM diversity was observed on trees from selective cutting plots, but only in stands cut 7 years ago. Moreover, selective cutting had a positive effect on the epiphyte group that includes bryophytes and lichens. At the plot scale, however, there was no difference in TreM diversity between treatments. At both scales, diameter at breast height was the prevalent factor that positively affected TreM diversity, together with tree species and living status: conifers had a negative effect on TreMs, whereas higher proportion of standing dead trees explained higher TreM diversity. Our results indicate that selective cutting with clear ecological-restoration goals is a favourable approach to maintaining TreMs in mixed forests of hemiboreal regions, although its long-term implications need further research.
Annie Ouin, aidée de Justine Rivers-Moore et Alain Cabanettes, deux anciens collègues du laboratoire, ainsi que des chercheurs américains a publié une étude dans la revue Landscape Ecology, qui souligne l'importance du début du printemps comme une période cruciale pour les pollinisateurs sauvages et la stabilité de la pollinisation des pastèques. Cette étude a été menée en Californie par Annie Ouin lors de son semestre sabbatique à l'Université de Californie à Davis en 2017 financé par Toulouse INP.

Ouin, A.; Rivers-Moore, J.; Cabanettes, A.; Brittain, C.; et al. (2026) Does temporal variability in floral resources at the landscape scale impact wild bee diversity and watermelon pollination? Landscape Ecology, 41 (2), pp.38. ⟨10.1007/s10980-025-02220-y⟩
Abstract:
Context: The stability of flower resources in agricultural landscapes affects wild bee communities. Mass flowering crops provide monospecific resource pulses for pollinators in rural landscapes, while semi-natural habitats provide biodiverse plant communities and more continuous flower resources.
Objectives: In this study, we hypothesized that organically-managed watermelon fields and those surrounded by landscapes with high cover of semi-natural habitats would: i) provide abundant and stable flower resources, ii) host abundant, diverse and stable wild bee communities, iii) offer a high and stable pollination service for watermelon production.
Methods: We studied wild bee communities and estimated pollination in 59 organic and conventional watermelon fields of various sizes in north central California at three periods during the watermelon flowering season. Semi-natural habitats and flower resources and their temporal variability were mapped to investigate their effects on the abundance, diversity, and stability of wild bee communities and an estimation of watermelon pollination based on flower visitation.
Results: Wild bee abundance and richness were significantly higher in small organic watermelon fields. A high proportion of semi-natural habitats and land cover diversity were both positively linked to wild bee functional diversity. In contrast, the proportion of land cover offering flower resources and its variability were negatively linked to wild bee abundance, presumably due to a dilution effect of mass flowering crops. The stability of watermelon flower pollination was higher in landscapes providing high flower abundance in early spring (March).
Conclusion: Our study highlights the importance of early spring as a crucial time window for wild pollinators and stability of watermelon pollination.
Résumé:
Contexte: La stabilité des ressources florales dans les paysages agricoles a une incidence sur les communautés d'abeilles sauvages. Les cultures à floraison massive fournissent des ressources monospécifiques aux pollinisateurs dans les paysages ruraux, tandis que les habitats semi-naturels offrent des communautés végétales riches en biodiversité et des ressources florales plus continues.
Objectifs: Dans cette étude, nous avons émis l'hypothèse que les champs de pastèques conduits en agriculture biologique et localisés dans des paysages avec une forte proportion d'habitats semi-naturels : i) fourniraient des ressources florales abondantes et stables, ii) abriteraient des communautés d'abeilles sauvages abondantes, diversifiées et stables, iii) offriraient un meilleur service de pollinisation et stable pour la production de pastèques.
Méthode: Nous avons étudié les communautés d'abeilles sauvages et estimé la pollinisation dans 59 champs de pastèques biologiques et conventionnels de différentes tailles dans le centre-nord de la Californie à trois périodes pendant la saison de floraison des pastèques. Les habitats semi-naturels et les ressources florales ainsi que leur variabilité temporelle ont été cartographiés afin d'étudier leurs effets sur l'abondance, la diversité et la stabilité des communautés d'abeilles sauvages et d'estimer la pollinisation des pastèques sur la base des visites des fleurs par les abeilles sauvages.
Résultats: L'abondance et la richesse des abeilles sauvages étaient nettement plus élevées dans les petits champs de pastèques en agriculture biologique. Une forte proportion d'habitats semi-naturels et la diversité de la couverture végétale étaient toutes deux liées positivement à la diversité fonctionnelle des abeilles sauvages. En revanche, la proportion d’occupation du sol offrant des ressources florales et sa variabilité étaient liées négativement à l'abondance des abeilles sauvages, probablement en raison d'un effet de dilution des cultures à floraison massive. La stabilité de la pollinisation des fleurs de pastèque était plus élevée dans les paysages offrant une forte abondance florale au début du printemps (mars).
Conclusion: Notre étude souligne l'importance du début du printemps comme une période cruciale pour les pollinisateurs sauvages et la stabilité de la pollinisation des pastèques.


















