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Dynafor, 20 ans de recherches sur les dynamiques dans les paysages agricoles et forestiers

A l'occasion de l'anniversaire des 20 ans de la création de Dynafor, une plaquette a été réalisée pour parler du passé, du présent et imaginer un futur, le tout accompagné d'une fresque graphique de la trajectoire de Dynafor.

Vous pouvez la télécharger ici >>>


DYNAFOR EN 2023

Dynafor est aujourd’hui composée de 70 personnes qui mènent des recherches en télédétection, écologie des paysages et sciences sociales. Elles sont réparties sur 3 sites et employées par 3 organismes (INRAE, Institut National Polytechnique de Toulouse ENSAT, Ecole d’Ingénieur de Purpan). Pour favoriser la cohésion et prendre des décisions de façon collective, une gouvernance partagée a été mise en place, avec une direction collégiale, des groupes d’activités et des missions transversales favorisant la participation de tous les agents à la dynamique de l’unité, à l’interface entre science et société. L’objectif de Dynafor est de générer des connaissances sur les dynamiques socio-écologiques des paysages agriforestiers afin de contribuer aux transformations vers des systèmes agricoles et forestiers plus durables. Pour atteindre cet objectif, les recherches de Dynafor sont structurées autour de deux axes scientifiques interdisciplinaires. Le premier axe porte sur les représentations spatiales et le fonctionnement écologique des paysages agriforestiers, et regroupe principalement des approches en télédétection et écologie. Le second axe porte sur la gestion et la gouvernance des paysages agriforestiers, et regroupe des approches de sciences sociales et d’écologie des paysages. L’originalité de Dynafor est d’étudier une diversité de paysages à l’interface entre forêt et agriculture, depuis les paysages agricoles avec des arbres isolés jusqu’aux massifs forestiers, principalement dans les milieux tempérés. Les travaux de Dynafor montrent qu’augmenter l’hétérogénéité des paysages permet de mieux concilier conservation de la biodiversité, pollinisation, contrôle biologique des ravageurs et production agricole et forestière à l’échelle des territoires. Ils montrent également qu’il est possible de mobiliser l’action collective et les politiques publiques pour mieux gérer cette hétérogénéité des paysages dans un contexte de bouleversements climatiques croissants.

Autrices : Clélia Sirami, Sylvie Ladet


DYNAFOR DEPUIS 2003

L’Unité Mixte de Recherche Dynafor (Dynamiques et écologie des paysages agriforestiers) a été créée en 2003 à partir d’une petite équipe toulousaine qui travaillait sur les dynamiques des formations boisées dans les paysages agricoles et leur biodiversité. A cette époque les enjeux de préservation de la biodiversité et des services écosystémiques étaient moins évidents qu’ils ne le sont aujourd’hui. C’était donc un pari de s’engager dans cette voie de recherche. Rapidement, l’équipe s’est élargie, avec des approches de plus en plus interdisciplinaires entre l’écologie des paysages et la zootechnie. Dynafor a pris de la hauteur avec l’arrivée de collègues en télédétection, et approfondi les connaissances en écologie forestière. Maintenir la cohérence entre ces disciplines et ces objets de recherche n’était pas évident, mais la gestion collective des moyens, des systèmes d’information géographique et des sites d’études à long terme des Coteaux de Gascogne et des Pyrénées, notamment grâce à l’appui constant du personnel gestionnaires, informaticiens et techniciens de terrain, a réussi à fédérer l’équipe. Le partage des connaissances a rapidement produit des résultats scientifiques originaux et utiles, reconnus lors des évaluations qui ont marqué la trajectoire du laboratoire. Dynafor a continué d’évoluer et d’intégrer des nouvelles disciplines, en particulier la géographie sociale, et de nouvelles thématiques, notamment grâce à des étudiant.e.s et jeunes chercheu.r.se.s attiré·e.s par les questions de recherche résolument tournées vers les enjeux sociétaux. Cela a permis d’explorer de façon plus ambitieuse les intuitions initiales que les échelles larges, d’espace et de temps, et le croisement des regards de différentes disciplines et des acteurs non-académiques sont indispensables pour produire des connaissances qui permettront de faire face aux défis liés aux changements globaux.

Auteur·rice·s : Marc Deconchat, Sylvie Ladet


DYNAFOR D’ICI 2043

"Arrêt INRAE" annonce la chauffeuse de l'airboat, qui s'arrête sur le Canal du Midi à la hauteur de l'ancienne plateforme d'expérimentation végétale. Les quelques passagers descendent promptement - il n'y a guère que les stagiaires qui travaillent encore sur site, la grande partie des chercheur·euse·s ayant désormais émigré en milieu rural. Nous sommes en 2043, quelques années à peine après la grande mutation, où les urbain·e·s, excédé·e·s par les canicules à répétition, ont choisi de retourner habiter les campagnes. C'est un énième été fumant et sec, où les pneus des voitures ont collé au béton fondu, et où la ville Toulouse a été recouverte des cendres de l'incendie des Coteaux de Gascogne, qui a servi de déclic : la municipalité a proposé à tous les citoyen·ne·s qui le désiraient de se réinstaller dans le grand Sud-Ouest, en subventionnant l'achat d'habitats légers et le développement de tiers-lieux économes en énergie. Aucun·e chercheur·eus·e à Dynafor ne s'est fait prier, entraînant leurs animaux et leurs enfants dans les piémonts pyrénéens, au point qu'une antenne du laboratoire a été créée près d'Aspet ; c'est une cabane dans les arbres qui accueille maintenant les comptages d'oiseaux et autres joyeusetés naturalistes. Dans ce cadre, impossible de garder le rythme frénétique de la recherche du début du XXIème siècle, et chacun·e se prête au jeu de la "slow science" : les publications sont moins nombreuses mais plus pertinentes, et publiées dans des revues gratuites et accessibles au grand public. Peut-être encore plus aisément que le reste du monde de la recherche, les Dynaforien·ne.s ont intégré que "la science a besoin de temps". L'âme nostalgique des temps d'agitation ne pourrait dans tous les cas plus s'y adonner : il y a bien longtemps que les réseaux sociaux numériques ont été remplacés par leurs homologues de chair et d'os - le rendez-vous hebdomadaire au café de village en faisant foi. Cette agréable posture a été entérinée grâce à la dernière stagiaire en communication, dès lors que le drone du logo du laboratoire a été remplacé par un escargot. Mais contrairement à ce que présumaient les humain·e·s du début du siècle, ce ralentissement n'a pas été synonyme de retour à l'ère des chasseurs-cueilleurs. Si la décroissance a bien eu lieu, ce n'est pas pour autant que l'enthousiasme du monde vivant a disparu : les associations, laboratoires, petites entreprises, et même les institutions locales, ont commencé à collaborer autour de projets de recherche complexes. Pour ces consortiums, l'objectif n'est plus la production de connaissances en tant que telles, mais bien de permettre une vie humaine plus douce et mieux intégrée dans son écosystème. Questionner en permanence le rapport que les êtres vivants entretiennent entre eux est devenu une habitude, et plus aucun projet ne voit le jour s'il n'intègre pas l'ensemble des disciplines nécessaires à l'équilibre des pensées : la climatologie et l'économie ont notamment rejoint l'écologie et la géographie sociale. Ce sont d'ailleurs les enfants, invités aux conseils scientifiques à part représentative de la population, qui ont eu cette idée. Et pour participer au mouvement global de démocratisation de la science, Dynafor a ouvert les portes de ses Retours du Jeudi à l'ensemble des citoyen·ne·s, pariant sur la pertinence et la justesse des savoirs locaux. Tou·te·s se pressent aux portes : les résultats de ces recherches ont un retentissement notable, et les débats populaires sont devenus monnaie courante. Avec humilité, l'on a désormais reconnu que la science est politique, et que c'est avec les habitant·e·s d'un territoire qu'elle doit se faire.

Auteur·rice·s : Lisa Darmet, Manoel Auffray, Caroline Mouille, Guillaume Guebin, Gaëlle Van Frank



Remerciements : Claire Cantraine et Mallory Gauvreau pour leur aide sur les visuels logo et plaquette de ces documents des 20 ans Dynafor

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