A lire! 2 articles récents impliquant Dynafor étudiant les facteurs multiples limitant la conversion des fermes en agricultures biologiques.
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Romain Carrié est co-auteur avec des collègues suédois.es de 2 articles récents qui entre dans les préoccupations de recherche de Dynafor, issus d’un seul et même projet étudiant les facteurs multiples limitant la conversion des fermes en agricultures biologiques.
1- Un cadre conceptuel issu d’une revue de la littérature permettant de comprendre et hiérarchiser les différentes contraintes écologiques, technique & socio-économiques qui limitent la conversion fermes en agriculture biologique en plaines productives (là où les conversions en bio auraient le plus d’impact environnemental)
Smith, H.G., Bergkvist, G., Brady, M.V., Carrié, R., Dahlin, S., Ekroos, J., Jörgensen, C., Öborn, I., Sidemo-Holm, W., Watson, C.A., 2026. Constraints on the expansion of organic farming in highly productive regions. Agricultural Systems. 235, 104699. https://doi.org/10.1016/j.agsy.2026.104699
2- Une étude sur les facteurs limitants le rendement des céréales à paille en agriculture biologique, adoptant une approche fonctionnelle dans les agroécosystèmes. Cette étude, en conditions de production réelles, permet de rendre compte de la diversité des pratiques en AB et d’identifier des pistes d’augmentation soutenable des rendements bio dans des régions productives.
Reumaux, R., Karlsson, M., Carrié, R., Öborn, I., Watson, C.A., Bergkvist, G., Dahlin, A.S., Ekroos, J., Wetterlind, J., Smith, H.G., 2026. Determinants of yield variation of organic cereals in productive agricultural areas. Agricultural Systems. 234, 104689. https://doi.org/10.1016/j.agsy.2026.104689

Pour en savoir plus:
1- Abstract:
Context: Uptake of organic farming falls short of stated sustainability targets, particularly in highly productive regions where adoption could mitigate environmental impacts of intensive farming. Several hypotheses have been advanced to explain the constraints on adoption, but these have not been assessed within an integrative, interdisciplinary framework.
Objective: The objective was to develop a conceptual framework linking existing hypotheses on the constraints to the uptake of organic farming in highly productive agricultural regions, to review the supporting evidence and, based on this, to propose solutions for increasing adoption.
Method: An interdisciplinary team developed a nested hierarchical framework of ecological, agronomic, and socio-economic processes influencing adoption of organic farming. They critically examined existing literature in relation to hypotheses and identified potential solutions to enhance adoption.
Results and discussion: We present a nested hypothesis hierarchy of interrelated constraints on organic conversion with special relevance to low uptake in highly productive regions dominated by arable crops. Certification constraints reflect fundamental needs for agroecological solutions for crop protection and nutrient supply, which are difficult to address in the absence of animal husbandry. The certification constraints give rise to agronomic constraints, driven by the greater divergence between organic and conventional crop rotations in such regions. While agronomic constraints are solvable, their solutions are limited by socio-economic constraints, including higher knowledge demands and opportunity costs for organic farmers, which current area-based policy-payments do not fully offset. Our review finds evidence for all constraint types, however, in highly productive areas the certification constraint need for alternative nutrient resources dominates, with downstream consequences for agronomic and socio-economic constraints. We demonstrate how our framework can guide solutions across the nested hierarchy: alleviating certification constraints through ecological intensification and alternative nutrient sources; addressing agronomic constraints by diversifying crop rotations; and overcoming socio-economic constraints by strengthening extension services and improving the spatial targeting of policy payments. Finally, we argue that persistent knowledge gaps call for stronger trans-disciplinary research to bridge the scale-related disconnect between academic research and farmer needs, as general approaches and small-scale experiments often fail to inform on-the-ground implementation.
Significance: Given that expansion of organic farming in the EU is stalling, there is substantial interest in identifying strategies to enhance its uptake, particularly in regions where adoption remains limited. This study provides a basis for future research, informing management decisions, and guiding policy development for fostering the expansion of organic farming, and hence advance the overarching goal of increasing agriculture’s sustainability.
Résumé :
Contexte: L'adoption de l'agriculture biologique reste en deçà des objectifs de développement durable fixés, notamment dans les régions à forte productivité où elle pourrait atténuer l'impact environnemental de l'agriculture intensive. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer les freins à son adoption, mais elles n'ont pas été évaluées dans un cadre intégré et interdisciplinaire.
Objectif: L'objectif était d'élaborer un cadre conceptuel reliant les hypothèses existantes sur les freins à l'adoption de l'agriculture biologique dans les régions agricoles à forte productivité, d'examiner les données probantes les étayant et, sur cette base, de proposer des solutions pour accroître cette adoption.
Méthode: Une équipe interdisciplinaire a élaboré un cadre hiérarchique emboîté des processus écologiques, agronomiques et socio-économiques influençant l'adoption de l'agriculture biologique. Elle a examiné de manière critique la littérature existante au regard des hypothèses et a identifié des solutions potentielles pour favoriser l'adoption.
Résultats et discussion: Nous présentons une hiérarchie d'hypothèses emboîtées relatives aux freins interdépendants à la conversion à l'agriculture biologique, particulièrement pertinents pour la faible adoption observée dans les régions à forte productivité dominées par les grandes cultures. Les contraintes liées à la certification reflètent des besoins fondamentaux en solutions agroécologiques pour la protection des cultures et l'apport en nutriments, besoins difficiles à satisfaire en l'absence d'élevage. Les contraintes liées à la certification engendrent des contraintes agronomiques, dues à la plus grande divergence entre les rotations culturales biologiques et conventionnelles dans ces régions. Si les contraintes agronomiques sont surmontables, leurs solutions sont limitées par des contraintes socio-économiques, notamment des exigences de connaissances plus élevées et des coûts d'opportunité plus importants pour les agriculteurs biologiques, que les aides publiques actuelles, basées sur la superficie, ne compensent pas entièrement. Notre analyse met en évidence tous les types de contraintes. Cependant, dans les zones à forte productivité, la contrainte de certification liée au besoin de ressources nutritives alternatives prédomine, avec des répercussions sur les contraintes agronomiques et socio-économiques. Nous montrons comment notre cadre peut orienter les solutions à travers la hiérarchie imbriquée : atténuer les contraintes de certification par l'intensification écologique et le recours à des sources nutritives alternatives ; répondre aux contraintes agronomiques par la diversification des rotations culturales ; et surmonter les contraintes socio-économiques en renforçant les services de vulgarisation et en améliorant le ciblage spatial des aides publiques. Enfin, nous soutenons que les lacunes persistantes en matière de connaissances exigent une recherche transdisciplinaire plus poussée afin de combler le fossé, lié à l'échelle, entre la recherche académique et les besoins des agriculteurs, car les approches générales et les expérimentations à petite échelle peinent souvent à éclairer la mise en œuvre sur le terrain.
Importance: Face au ralentissement du développement de l'agriculture biologique dans l'UE, il est essentiel d'identifier des stratégies pour en accélérer l'adoption, notamment dans les régions où elle demeure limitée. Cette étude jette les bases de recherches futures, éclaire les décisions de gestion et oriente l'élaboration de politiques visant à favoriser l'expansion de l'agriculture biologique et, par conséquent, à contribuer à l'objectif global d'une agriculture plus durable.
2- Abstract :
Context: Organic farming aims to make agriculture more sustainable, but its sustainability benefits may be offset by lower yields compared to conventional farming. Avenues to increase organic yields have been studied extensively, but there is a lack of research using integrated approaches that consider co-variation between different organic management practices within commercial farming systems. Moreover, organic farmers face diverse bio-physical constraints that experimental, plot-level studies, often fail to address in a system-level context.
Objective: Our aims were to highlight and utilise existing variation among organic farms to understand the factors that limit yields, considering the entire cropping system and its context. This included crop management, biophysical conditions and spatio-temporal context.
Methods: For 56 commercial organic farms in southern Sweden, we mapped between-farm variation in management and how it related to cereal yields. We obtained data on crop yield and management practices from farmers, conducted field measurements of crop performance, available nutrients, and pests, and retrieved data on farming context from public land-use databases. In a two-step approach we investigated how management practices affect yield through the observed field constraints.
Results and conclusions: There was considerable variation in management practices between organic farms, which is often overlooked. Variation in cereal yields was primarily related to nutrient application and, to some extent, weed management. Yields were also explained by factors affected by more long-term management or even beyond the control of the farmer, such as soil organic matter, soil texture and weather. We conclude that there is potential to increase organic cereal yields, but that this requires consideration of the whole management system and adaptations to local conditions by individual farmers.
Significance: The yield-differential between organic and conventional farming has been argued to be an Achille's heel for organic farming. This study shows a large between-farm variation in management practices and yields in organic crop production that can help realizing the organic yield potential at farm and field level, strengthening organic farming as a tool for agricultural sustainability.
Résumé :
Contexte: L'agriculture biologique vise à rendre l'agriculture plus durable, mais ses avantages en matière de durabilité peuvent être contrebalancés par des rendements inférieurs à ceux de l'agriculture conventionnelle. Les moyens d'accroître les rendements biologiques ont fait l'objet de nombreuses études, mais les recherches manquent d'approches intégrées prenant en compte la covariation entre les différentes pratiques de gestion biologique au sein des systèmes agricoles commerciaux. De plus, les agriculteurs biologiques sont confrontés à diverses contraintes biophysiques que les études expérimentales à l'échelle de la parcelle ne parviennent souvent pas à appréhender dans une perspective systémique.
Objectif: Nos objectifs étaient de mettre en évidence et d'exploiter la variabilité existante entre les exploitations biologiques afin de comprendre les facteurs limitant les rendements, en considérant l'ensemble du système de culture et son contexte. Ceci inclut la gestion des cultures, les conditions biophysiques et le contexte spatio-temporel.
Méthodes: Pour 56 exploitations biologiques commerciales du sud de la Suède, nous avons cartographié la variabilité inter-exploitations en matière de gestion et son lien avec les rendements céréaliers. Nous avons recueilli des données sur les rendements et les pratiques de gestion auprès des agriculteurs, effectué des mesures de terrain sur la performance des cultures, les nutriments disponibles et les ravageurs, et extrait des données sur le contexte agricole à partir de bases de données publiques d'occupation des sols. Dans une approche en deux étapes, nous avons étudié l'influence des pratiques de gestion sur les rendements, en tenant compte des contraintes observées sur le terrain.
Résultats et conclusions: Les pratiques de gestion varient considérablement d'une exploitation biologique à l'autre, un aspect souvent négligé. La variation des rendements céréaliers est principalement liée à l'apport d'éléments nutritifs et, dans une moindre mesure, à la gestion des adventices. Les rendements s'expliquent également par des facteurs relevant d'une gestion à plus long terme, voire indépendants de la volonté de l'agriculteur, tels que la matière organique du sol, sa texture et les conditions météorologiques. Nous concluons qu'il existe un potentiel d'augmentation des rendements céréaliers biologiques, mais que cela nécessite une prise en compte de l'ensemble du système de gestion et une adaptation aux conditions locales par chaque agriculteur.
Importance: L'écart de rendement entre l'agriculture biologique et conventionnelle est souvent considéré comme le talon d'Achille de l'agriculture biologique. Cette étude met en évidence une forte variabilité des pratiques de gestion et des rendements entre les exploitations biologiques, ce qui peut contribuer à exploiter pleinement le potentiel de rendement biologique à l'échelle de l'exploitation et de la parcelle, renforçant ainsi l'agriculture biologique comme outil de durabilité agricole.


















