Effet de la connectivité sur la flore


Par Léa Uroy (chargé de mission ARBE Provence-Alpes-Côte d’Azur, jeune docteure de l’UMR Bagap Inrae Rennes).

Le maintien et la restauration de la connectivité sont proposés comme une stratégie majeure pour enrayer la perte de biodiversité en paysage fragmenté. Pour autant, aucun consensus n’a pu être dégagé quant à l’efficacité de cette stratégie pour les communautés végétales. Pour accroître et généraliser notre compréhension du rôle de la connectivité, cette thèse vise à déterminer l’effet de la connectivité et de sa dynamique temporelle sur la structuration taxonomique et fonctionnelle des communautés végétales. Menée au sein de la Zone Atelier Armorique, cette étude se concentre sur trois habitats dominants les paysages agricoles (bois, prairies temporaires et cultures céréalières). Cette thèse montre que la connectivité fournie par les différents types d’habitat et sa dynamique temporelle (intensité et variabilité des changements temporels de connectivité) n’affectent ni la diversité spécifique ni l’abondance totale des espèces au sein des communautés végétales. Elles agissent plutôt sur la composition spécifique des communautés, en sélectionnant les espèces selon la valeur de leurs traits fonctionnels liés à la production, au transport des graines, mais aussi au recrutement des plantules. En deçà du kilomètre, et au cours des décennies, la connectivité façonne alors la structure fonctionnelle des communautés végétales, affectant ainsi le fonctionnement des agroécosystèmes. Ces résultats offrent une nouvelle vision de l’interaction entre le paysage et la dispersion des plantes. De façon originale, une forte connectivité fournie par des habitats auxquels ne sont pas inféodées les espèces peut avoir un effet positif ou négatif sur la dispersion des espèces. De surcroît, l’intensité et la variabilité des changements de connectivité opérés au cours des sept dernières décennies continuent de façonner les communautés actuelles. Nos travaux suggèrent ainsi de fortes implications pour la conservation de la biodiversité floristique au sein des paysages agricoles, dont le maintien dépend, en partie, de la pertinence et de l’efficacité des actions menées dans le cadre de la Trame Verte et Bleue.









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