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Dynafor a participé fortement au webinaire FORESTT « Les vieilles forêts : enjeux écologiques et patrimoine naturel à préserver »

il y a 3 heures
4 min de lecture

Manon Collard, Emilie Tardieu, David Sheeren, Yousra Hamrouni, Laurent Larrieu ont présenté, via des capsules vidéos, leurs travaux mobilisant la télédétection et l'écologie historique à l'occasion du webinaire du PEPR FORESTT portant sur la thématique : « Les vieilles forêts : enjeux écologiques et patrimoine naturel à préserver » qui a eu lieu le 15 septembre 2026.


Le cadrage scientifique du webinaire visait à découvrir un écosystème rare, celui des Vieilles Forêts.  Ces forêts aussi nommées subnaturelles ne se résument pas à l’âge de leurs arbres. Elles se caractérisent à la fois par une présence forestière continue depuis plus d’un siècle et demi et par un haut degré de maturité écologique. Dans un contexte de bouleversement profond de nos écosystèmes en lien avec le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, le rôle des Vieilles forêts dépasse la seule conservation patrimoniale. Véritables puits de carbone et hotspots de biodiversité, elles sont des laboratoires naturels pour étudier la résilience des forêts. Leur inventaire constitue une étape déterminante pour leur préservation. Il repose sur un ensemble d’indicateurs, notamment la densité de très gros bois, vivants ou morts, qu’ils soient sur pied ou au sol, ainsi que la présence et la typologie des dendromicrohabitats, et peut aujourd’hui s’appuyer sur des méthodes innovantes, en particulier les techniques de télédétection, qui offrent des perspectives prometteuses pour en faciliter l’évaluation. Ces écosystèmes offrent également un témoignage unique des processus naturels d’évolution et d’adaptation des forêts face aux variations environnementales, permettant de mieux comprendre les mécanismes qui soutiennent leur stabilité et leur capacité de résilience à long terme. Les travaux d’écologie historique, mobilisant notamment l’archéologie, l’anthracologie et la paléoécologie, contribuent à éclairer les dynamiques forestières et à retracer leur trajectoire sur le temps long. Ils mettent en évidence la diversité et la complexité des usages des forêts au fil des siècles. La question du transfert des connaissances scientifiques vers les politiques publiques et les documents de gestion forestière est centrale. À l’échelle européenne, la Stratégie de l’UE pour la biodiversité à l’horizon 2030 fixe notamment l’objectif d’identifier, cartographier, suivre et protéger les forêts primaires et anciennes. En France, ces orientations trouvent un écho dans le Programme national de la forêt et du bois (PNFB), qui promeut la préservation de la biodiversité et l’amélioration des connaissances sur les services écosystémiques. Ces démarches relèvent d’une gestion forestière intégrative, fondée sur les attributs de maturité, la libre évolution et une prise en compte des continuités écologiques à l’échelle des massifs.

Voilà le détail de leurs interventions:


  1. Détection des vieilles forêts en Occitanie par Deep Learning multimodal


Auteurs : Emilie Tardieu (Toulouse INP), Yousra Hamrouni, Arnaud Le-bris, David Sheeren

Résumé : Cette étude porte sur la détection des vieilles forêts par deep learning, à partir de différentes sources de données de télédétection. L’objectif est de tester différentes manières de combiner ces informations pour voir quelles modalités sont les plus informatives, si la multimodalité apporte un réel gain par rapport à une source unique, et quelle stratégie de fusion est la plus efficace. L’étude porte sur six départements d’Occitanie : l’Aude, les Pyrénées-Orientales, l’Ariège, la Haute-Garonne, le Gers et les Hautes-Pyrénées. Quatre sources de données sont mobilisées : orthophotos infrarouge couleur, photos aériennes historiques, modèles de hauteur de canopée issus du LiDAR, et cartes de biomasse. Ces données sont confrontées à l’inventaire des vieilles forêts de Nicolas Gouix et Jean-Marie Savoie, qui sert de référence pour entraîner et évaluer le modèle.

 

  1. Modéliser l’IBP à partir de données de télédétection pour caractériser la qualité écologique des forêts à large échelle


Auteurs : Manon Collard (Toulouse INP), Olivier Martin, Nicolas Mellado, Nicolas Gouix, Laurent Larrieu, David Sheeren

Résumé : L’Indice de Biodiversité Potentielle (IBP) permet d’estimer la capacité d’accueil d’un peuplement forestier pour la biodiversité taxonomique ordinaire, à partir de 10 facteurs structurels, compositionnels et historiques. Un modèle prédictif de l’IBP a été calibré à partir d’environ 1000 placettes de terrain (CEN, CNPF, parcs naturels régionaux et nationaux), et des variables dérivées de données de télédétection disponibles sur toute la France (LiDAR HD, imagerie optique, données topographiques). En cours d’adaptation aux forêts méditerranéennes, ce modèle a déjà permis de spatialiser l’IBP sur 400 000 ha de forêts (PNR Pyrénées Ariégeoises, Pyrénées-Orientales, Haute-Savoie). Les résultats confirment la pertinence de la télédétection pour prédire l’IBP, avec une précision de l’ordre de 5 points. Une fois les derniers biais corrigés, le modèle permettra à terme d’estimer la qualité des habitats forestiers à l’échelle nationale, par exemple pour localiser des îlots de biodiversité dans le cadre de la conception de trames de vieux bois.


  1. Les vieilles forêts : des écosystèmes féraux


Auteurs : Vanessa Py-Saragaglia (CNRS, UMR IRAMAT-LMC), Sylvain Burri (CNRS, UMR TRACES), Laurent Larrieu (CNPF), Sophie Maillé (Nature En Occitanie), Jonathan Migeot (Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées) et Mélanie Saulnier (CNRS, UMR GEODE)

Résumé : Comme l’a montré la contribution de Saulnier et al., le retour de fonctionnalités naturelles dans les vieilles forêts ne s’opère pas sur un socle vierge, mais dans des espaces anciennement anthropisés, domestiqués, travaillés et recomposés par les sociétés, avant d’être abandonnés, réservés ou volontairement laissés en libre évolution. Loin d’un retour à une nature primaire, et en l’absence d’un cortège fonctionnel complet, ce processus donne naissance à de nouveaux paysages forestiers, particulièrement propices à être pensés à travers le concept de féralité et la notion d’héritage bioculturel.

L’objectif de cette contribution est donc de déplacer le regard, en envisageant la féralité comme une alternative au seul cadre du réensauvagement, entendu comme le fait de « laisser la nature proposer ses propres réponses aux perturbations ». Parce qu’elles évoluent spontanément tout en conservant les traces durables des usages passés, les vieilles forêts invitent à développer de nouveaux outils d’évaluation. C’est dans cette perspective que sera présenté l’Indice d’anthropisation à effets Potentiels, ou IAP, un outil destiné à intégrer les héritages socio-écologiques des activités humaines dans l’étude des peuplements forestiers, en évaluant à la fois leur degré d’anthropisation passée et les effets persistants de celle-ci sur le fonctionnement des écosystèmes.

 

 

 

 
 
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