Deconchat Marc

 

Les projets collectifs et interdisciplinaires dans lesquels j’ai travaillé, s’appuyant fortement sur l’observation plutôt que l’expérimentation, laissent une bonne part aux interactions entre les systèmes écologiques, au cœur de mon travail, et les systèmes sociaux. Je revendique comme étant une certaine spécificité, ce positionnement intermédiaire entre les disciplines de l’écologie et celles qui touchent aux pratiques mises en œuvre. Cette posture de recherche me semble en effet capable d’apporter à la fois des réponses à des questions scientifiques d’écologie et des réponses à des enjeux concrets pour la gestion des ressources naturelles.

J’ai appris au contact de ceux qui m’ont formé, que le questionnement est un exercice difficile mais continuellement nécessaire. J’entends par questionnement les questions qu’il faut poser aux autres, les questions qu’il faut accepter et solliciter des autres et les questions qu’il faut se poser à soi-même. « Poser la bonne question » est une expression typique de mon unité de recherche et elle conditionne sans doute une bonne partie du succès ou des échecs des recherches entreprises. Ces questionnements impliquent, à mon sens, l’appropriation critique de cadres pour la réflexion scientifique, c'est-à-dire des hypothèses générales qui servent de point de départ aux constructions intellectuelles que sont toute recherche. La (ou les) théorie(s) constituent de ce point de vue, l’initiale et l’aboutissement de mon travail, même si je ne considère pas, loin de là, que je fasse de l’écologie théorique, bien au contraire. Néanmoins, l’écologie de terrain et le flot d’observations qu’elle génère prennent sens qu’en référence à ces cadres.

Je décrirais les cadres que je me suis donné sous la forme de 3 binômes autour desquels s’articulent mes travaux et mes points de vue. Le premier binôme associe des sous-parties du domaine de l’écologie puisqu’il s’agit de l’écologie des communautés et de l’écologie du paysage . Ces disciplines sont celles auxquelles je fais le plus habituellement référence, dans lesquelles, notamment par mes lectures, je vais puiser et auxquelles je souhaite contribuer par mes écrits. Elles partagent à mon avis de nombreux points communs et de convergence. Dans l’écologie des communautés, on est amené à considérer de multiples entités, les espèces, qui interagissent entre elles et avec leur milieu par des processus qu’on tente d’identifier par l’observation des patrons formés par la distribution relative des espèces. Dans l’écologie du paysage, on a là aussi de multiples entités, les occupations du sol (au sens large), qui interagissent et forment aussi des patrons particuliers. Présentés de cette façon, on perçoit aisément qu’il y a entre ces 2 disciplines, des convergences conceptuelles, notamment l’homologie entre la diversité des communautés et l’hétérogénéité de l’espace. Par ailleurs, bon nombre des processus clés des communautés comportent une dimension spatiale forte qui s’appréhende par une approche des communautés dans un espace hétérogène.

Le second binôme associe la biodiversité et la foresterie  ; je le place au niveau des enjeux. La gestion de la biodiversité, en lien avec les pratiques forestières (au sens large), constitue un enjeu crucial pour nos sociétés et sur lequel les décideurs ont orienté une partie de la recherche, notamment via des instituts comme l’INRA. La biodiversité subit une des plus fortes crises connues, par le niveau d’extinctions, mais aussi par des introductions et des invasions d’espèces ; sa préservation est un des enjeux majeur des années à venir, dont les décideurs n’ont pas encore complètement pris la mesure de l’ampleur des menaces. De ce fait, l’écologie des communautés est passée du statut d’une science « encyclopédique » aux finalités peu claires, à une science en prise directe avec des enjeux de gestion. Elle nécessite une réflexion approfondie pour rendre compatibles les objectifs parfois antagonistes des gestionnaires influant sur la biodiversité. La préservation de la biodiversité dite banale, celle la plus courante dans les paysages ruraux d’Europe, devient de plus en plus importante à mesure que son rôle pour de nombreux services environnementaux, comme la régulation des ravageurs, s’affirme. Néanmoins, cet aspect utilitaire de la biodiversité ne doit pas amenuiser les efforts consentis pour la préservation de la biodiversité menacée, pour des raisons éthiques ou par précaution. Face à ces enjeux concernant la préservation de la biodiversité, les forêts et la foresterie, mais aussi toutes les autres pratiques humaines exploitant les ressources forestières, tiennent une place centrale du fait d’une part de l’importance quantitative et fonctionnelle des communautés animales et végétales des forêts dans les paysages ruraux, et d’autre part, du fait des rôles clés que les forêts seront amenées à jouer dans la résolution des problèmes énergétiques et climatiques du futur. Par cette conjonction, l’étude des conditions de la préservation de la biodiversité dans les forêts des paysages ruraux se retrouve au centre d’un faisceau d’enjeux et de questions scientifiques.

Le dernier binôme associe des concepts plus englobants que sont les systèmes écologiques et les systèmes sociaux . On peut voir dans la prise en considération de ces rapports homme-nature, la réminiscence d’un romantisme Rousseauiste apparemment peu compatible avec une posture scientifique. Pourtant, il n’en est rien. Il existe aujourd’hui plusieurs théories scientifiques qui tentent de rendre compte de la place de l’homme et de ses activités dans les dynamiques écologiques. Elles sont à l’interface entre l’écologie et l’ethnologie, la sociologie et la géographie, et s’appuient sur les théories des systèmes complexes. Les activités humaines y sont vues tout à la fois comme des facteurs à considérer spécifiquement et comme des facteurs écologiques parmi d’autres. Dans cette perspective, la résilience des systèmes sociaux et écologiques devient un concept objet d’étude dont les contours s’affinent rapidement. Le point de vue qui résulte de cette posture de recherche conduit assez naturellement à privilégier des dispositifs d’études à long terme où les pratiques humaines et leurs déterminants sont considérées simultanément et comme partie intégrante des processus écologiques.

Formation :

2008 Habilitation à diriger des recherches à Toulouse (INP), spécialisation: écologie du paysage

1999 Thése de Doctorat de l’Université Paul Sabatier à Toulouse (UPS), Spécialisation: Ecologie forestière

 1989 Ingénieur agronome de l'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie de Toulouse (ENSAT), Spécialisation: Protection des plantes.

Activités professionnelles :

  • Depuis 2009: directeur adjoint de Dynafor et animateur de l'axe Biofrag

  • 2006  : Mission longue durée à ENSIS (recherche forestière et écologie) en Nouvelle Zélande (Christchurch) avec E Brockerhoff.

  • Depuis juillet 2001  : Chargé de recherches (CR1) INRA-SAD

- Animateur de l’axede recherche Biofrag (budget, synthèse, organisation de dispositifs collectifs)

- Responsable ou co-responsable de 4 contrats

- Co-encadrement de 5 thèses

- Rédaction de rapports de fin de programme

  • 2001  (1an) : Post-doctorant à l'Univ. de Berkeley (J Radke) et US Dept. Agric. Service Forestier (C Hunsaker)

  • Octobre 1999-Juin 2001  Enseignant-chercheur contractuel à l'ENSAT (JP Sarthou)

  • 1999  (7 mois) Chargé d'étude à l'INRA-URSAD/UMR 5552 LET (G Balent)

  • 1995-1998  (3 ans) Thèse d'écologie forestière à l'INRA-URSAD (G Balent) avec la Société d'Exploitation des Bois du Sud Ouest (SEBSO - S Vieban).

  • 1994  (8 mois) Chargé d’étude à l’Association Recherche Environnement Midi-Pyrénées (AREMIP- M Parde)

  • Juillet 1992-Juin 1993  Chargé d’étude URSAD/SOLAGRO (G Balent) pour une bibliographie des relations forêt/biodiversité et forêt/qualité des eaux

  • Mai 1990-Juin 1992  Chargé d’étude à SOLAGRO (P Pointereau) sur les relations forêt/environnement (Service National Civil)

  • 1990  (2 mois) Formateur en informatique agricole au CFPPA de Moissac (82)

  • 1989  (2 mois) Intérimaire - 1985 (2 mois) Ouvrier à l'Office National des Forêts

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