Quelle est la distance maximale à laquelle un paysage affecte l’abondance des abeilles sauvages ?

 

 

Par James Desaegher (post-doctorant sur le projet de recherche PACSE ; UMR Dynafor).

 

Une question essentielle que se posent régulièrement les écologues de la pollinisation est d’évaluer à quelle échelle un paysage affecte le plus l'abondance des espèces d’abeilles sauvages. Une méthode fréquente pour y répondre consiste à effectuer une analyse multi-échelle pour calculer « l’échelle d’effet maximal » (scale of effect, en anglais), définie comme l'étendue paysagère qui maximise la relation entre les variables caractérisant le paysage et l'abondance des espèces. Cependant, une connaissance préalable de la gamme d’échelles à étudier est souvent nécessaire pour réaliser ce type d’études. Dans ce travail, nos objectifs sont de i) proposer un indice, lié à la distance moyenne de butinage des espèces d'abeilles, qui pourrait être utilisé pour identifier la borne supérieure de la gamme d’échelles à étudier pour détecter l’échelle d’effet maximal, ii) comparer nos prévisions avec l’échelle d’effet maximal de différentes abeilles, issues d’analyses multi-échelle. En utilisant le modèle de pollinisation de la plateforme InVEST, nous avons développé un indice, noté λmax, estimant la distance maximale à laquelle l’abondance d’une abeille est encore affectée par les variables de composition du paysage. Pour valider nos prédictions, nous avons utilisé i) les abondances obtenues à partir de simulation, pour des abeilles ayant différentes distances de butinage et ii) les abondances de 19 espèces d'abeilles sauvages, collectées en 2016 dans le sud-ouest de la France (Vallées et Coteaux de Gascogne). En fixant à 1% ce que nous considérons comme des variations négligeables de l'abondance, nous avons montré que λmax était linéairement corrélé aux distances de butinage des abeilles (α), avec λmax = 5,84 α + 183,33 (pour α ≤ 500 m). Les analyses multi-échelle sur les abondances simulées ont révélé que l’échelle d’effet maximal de toutes les abeilles était inférieure à λmax. Par ailleurs, sur les 19 espèces d'abeilles collectées sur le terrain, l’échelle d’effet maximal de 18 espèces est inférieure à λmax. Cette validation suggère que λmax constitue un bon estimateur de la borne supérieure de l’échelle d’effet maximal du paysage sur l'abondance des abeilles sauvages. Cela pourrait aider les écologues à réaliser plus efficacement des études multi-échelle ou les gestionnaires du paysage, à estimer rapidement la distance maximale des effets du paysage sur les abeilles sauvages. 

 

James présentera ce travail sous la forme d'une communication orale aux Rencontres d'Ecologie des Paysages 2019 qui se tiendront du 5 au 7 novembre 2019 à Bordeaux Sciences Agro

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